Mieux vaut prévenir que guérir
En 2006, le poste de quartier 10 a eu recours à divers moyens pour contrer le phénomène des gangs de rue. Les conférences présentées dans les écoles de Bordeaux-Cartierville, ainsi que le programme de visibilité policière en faisaient partie et seront de retour cette année. L’objectif est de continuer à préserver les jeunes des faux attraits que peuvent représenter les gangs et des problèmes d’intimidation qui y sont souvent liés.
«Depuis quatre ans, le phénomène des gangs de rue est la priorité du Service de police de la Ville de Montréal et les postes de quartier suivent cette tendance», explique le commandant du PDQ 10, Jean Chartrand.
Selon M. Chartrand, il n’y a pas vraiment de problématique de gangs de rue dans Bordeaux-Cartierville présentement. «Le quartier est sécuritaire. On met des choses en place pour être proactif. Depuis la fin de l’année 2006 et le début de 2007, on a dénombré aucun événement impliquant les gangs de rue».
«Aussitôt qu’il y a apparence de gangs de rue, on intervient, poursuit-il. Si, lors d’une intervention, les jeunes abordés ne font pas partie d’un gang, ça sera alors l’occasion de leur donner des conseils de prévention.»
Plan de visibilité
Le programme de visibilité policière permet de dégager rapidement les policiers de leurs tâches habituelles afin qu’ils soient sur le terrain.
Pour le directeur de la Maison des jeunes, Martin Cyr, qui est fréquemment témoin d’attroupement de jeunes, particulièrement durant la période estivale, ce plan est d’une aide précieuse.
«Ces policiers ont du temps de libéré pour intervenir dans les cas où on remarque des attroupements. Ils vont rester le temps nécessaire. Ça fait toute la différence, car les policiers ordinaires se déplacent seulement s’ils ont le temps», mentionne-t-il.
M. Cyr ajoute que la présence plus soutenue des policiers défait le mécanisme et l’appropriation du territoire par certains petits gangs de jeunes plus ou moins recommandables. Ces groupes ont l’habitude de fréquenter le parc de Mésy, où est située la Maison des jeunes.
La criminologue et actuelle députée de la circonscription fédérale d’Ahuntsic, Maria Mourani, qui a publié un ouvrage intitulé La Face cachée des gangs de rue en octobre dernier, se réjouit que le SPVM considère le phénomène comme une priorité. Celle-ci mentionne toutefois qu’il ne faut pas avoir une vision alarmiste, ni minimiser le phénomène.
«Dans les années 90, il y avait une tendance à minimiser le problème, ce qui fait que les bandes criminelles sont plus nombreuses et leur efficacité a augmenté. On compte une vingtaine de bandes majeures à Montréal», indique Mme Mourani.
Selon Maria Mourani, les gangs de Bordeaux-Cartierville ne sont pas les mêmes qu’à Rivière-des-Prairies, qu’à Montréal Nord ou qu’à Saint-Michel. «À Bordeaux-Cartierville, on retrouve davantage des petites cliques mafieuses que des gangs organisées. Elles sont moins visibles que dans d’autres quartiers plus chauds.»
Conférences
En 2006, plus de 100 conférences ont été offertes dans les écoles du quartier. «C’est en abordant, en premier lieu, le Code criminel et l’intimidation que les intervenants en viennent à parler du phénomène des gangs de rue», souligne le commandant Chartrand.
Ces rencontres se font en partenariat avec la Maison des jeunes, le CLSC et le personnel des établissements scolaires. Pour offrir encore plus de conférences en 2007, le PDQ 10 a engagé un troisième agent sociocommunautaire.
Un document regroupant des conseils de prévention à l’intention des parents est en outre disponible au poste de police. «Si les parents remarquent des changements radicaux de comportement chez leur enfant, comme l’adoption d’un nouveau code vestimentaire, de nouveaux objets de valeur, tels qu’un cellulaire, ou une diminution de l’intérêt pour l’école, ceux-ci sont invités à demander de l’aide auprès du CLSC, d’un organisme jeunesse ressource ou d’un agent sociocommunautaire du poste de quartier», mentionne M. Chartrand.
Les faits
-Les gangs de rue sont souvent associés à la vente de stupéfiants et aux invasions dans les domiciles.
-Plusieurs perquisitions simultanées de stupéfiants ont eu lieu en 2006 à Bordeaux-Cartierville en collaboration avec l’escouade de soutien du SPVM.
-Au cours des deux dernières années, deux meurtres d’adolescents sur le territoire ont attiré l’attention.