Il y a toujours quelque chose de magique dans le fait de se faire raconter une histoire, mais ça l'est encore plus quand ce sont des enfants qui nous les font entendre.
Telle est l'expérience à laquelle nous convie l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville via ses
Contes en ligne. Dans ce projet de médiation culturelle, neuf enfants du troisième cycle des écoles primaires Louisbourg, Saint-Benoit et Sourp Hagop nous invitent à écouter des contes traditionnels en français et dans différentes langues.
L'idée qui a déjà été expérimentée dans d'autres municipalités représente une première à la Ville de Montréal.
«Pour nous, l'important était de mettre les enfants en vedette et qu'ils puissent s'exprimer en français et dans leur langue d'origine ou celle de leurs parents, a indiqué Rachel Lauzon, assistante aux événements culturels à Ahuntsic-Cartierville. Il s'agissait également de rejoindre leur famille qui ne parle pas nécessairement en français et de leur donner le goût d'aller à la bibliothèque.»
Les enfants ont enregistré sept contes de tradition créole, arménienne, roumaine, tamoule, espagnole, arabe et québécoise. Ces contes sont des extraits de livres disponibles dans les bibliothèques municipales. Ceux-ci sont en ligne au téléphone et sur le site Internet de l'arrondissement jusqu'en décembre. Chaque mois, on peut écouter un conte différent en français et dans la langue du conte en composant le 514 872-8002 ou en visitant le
www.ville.montreal.qc.ca
Lorsqu'on demande aux jeunes participants s'ils ont aimé leur expérience, ils sont très enthousiastes. «J'ai adoré ça et mes amis me trouvent courageux, car normalement les élèves de d'autres pays sont gênés de s'impliquer dans de telles activités, a mentionné Aishwine Anton Moses, de l'école Louibourg, dont les parents sont originaires du Sri Lanka. Ça m'a aussi permis de rencontrer des gens de la Roumanie. C'était la première fois.»
Âgé de 12 ans, Aishwine fait la lecture du conte
L'orphelin, la rivière et la petite boîte, une histoire que sa grand-mère lui racontait. Il s'agit du seul conte qui n'est pas tiré d'un livre. Aishwine a reçu l'aide de l'arrondissement pour adapter son histoire.
Christian Dubé, élève de l'école arménienne Sourp Hagop, s'est engagé dans le projet à la demande de son enseignante. Faisant partie de l'activité chant de son établissement scolaire et ayant une diction très nette, il était le candidat idéal. C'est avec Arpy et Shant, deux élèves de sa classe, qu'il a enregistré le conte arménien
L'imbécile. D'ailleurs, ses deux comparses étaient visiblement embarrassés d'entendre leur voix devant l'auditoire lors du lancement des
Contes en ligne, le 21 mai dernier, à la bibliothèque de Cartierville. Christian a été très impressionné par la Magnétothèque, là où les contes ont été enregistrés. «Il y avait des milliers de CD partout», a souligné le jeune homme de sixième année.
Comportant trois grandes étapes, le projet a d'abord permis la rencontre entre des élèves des écoles Saint-Benoit et Louisbourg avec des conteurs professionnels.
La deuxième étape consistait en un spectacle à la Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville mettant en scène trois conteurs et plusieurs enfants. Plus d'une centaine d'élèves ont participé aux deux premières étapes.
Finalement, la troisième étape, celle qui vient de se conclure, se voulait une recherche de contes dans le but de les enregistrer et de les rendre disponibles au téléphone et sur Internet.
-Le projet a eu recours au conte pour augmenter les échanges interculturels et améliorer la connaissance de la culture d'accueil dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville.
-Tous les contes ont été enregistrés à la Magnétothèque de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, une bibliothèque spécialisée dans la production et la distribution de livres sonores.