Des travaux de démolition du 9150, Gouin ont été entrepris par le propriétaire en avril dernier, mais la Ville a émis un avis de fin des travaux. Pour l'instant, rien ne peut être entamé tant que le processus de changement de zonage est en cours, assure-t-on à l'arrondissement. (Photo: Martin Alarie)
Controverse autour d'un changement de zonage
Le nouveau propriétaire d'une maison située aux abords du parc-nature du Bois-de-Saraguay se retrouve bien malgré lui au cœur d'un litige. Il a fait une demande de changement de zonage pour pouvoir reconstruire la demeure laissée à l'abandon depuis longtemps sur son terrain, mais des citoyens se demandent à quel genre d'immeuble ils auront droit. En fait, ils voudraient que la Ville achète le terrain et conserve ainsi le zonage de type parc.
«Tant que cette maison-là a été habitée, on y pensait pas, a indiqué Jocelyne Leduc-Gauvin, résidente de Cartierville. Avec sa revente à l'automne dernier et la demande de changement de zonage, il est temps que la Ville regarde son budget achat d'espace vert.»
Mme Leduc-Gauvin se demande si les arbres présents sur le terrain ne vont pas disparaître au profit d'un projet de reconstruction. «Il s'agit de la forêt où il y a le plus de biodiversité à Montréal», a-t-elle ajouté.
Le terrain regroupe, en effet, une cinquantaine d'arbres matures qui constituent le prolongement du couvert forestier du Bois-de-Saraguay. Ces arbres sont localisés tout autour de la maison située au 9150, boulevard Gouin Ouest, à Cartierville.
En 1981, quand le gouvernement du Québec a adopté un décret pour créer un arrondissement naturel à même la forêt de Saraguay, la maison concernée était déjà construite et la Communauté urbaine de Montréal n'a pas acquis le terrain où elle se trouve.
À l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville on se veut rassurant dans ce dossier. «Ce terrain est situé dans un écoterritoire très surveillé, a mentionné Marilyse Hamelin, chargée de communications. Peu importe le zonage, toute modification est assujettie à trois instances, soit le comité consultatif d'urbanisme, le conseil du patrimoine et le gouvernement du Québec.»
Mme Hamelin a ajouté qu'historiquement, il est illégal qu'une municipalité zone un terrain privé de type parc. «Ça représente une expropriation déguisée, a-t-elle mentionné. Ça n'aurait jamais dû être zoné parc, on veut corriger ainsi la situation.»
Selon l'arrondissement, le propriétaire se dit lésé dans ses droits. Avec le présent zonage, si un incendie se déclare dans l'immeuble, le propriétaire n'a pas le droit de reconstruire. Le zonage de type résidentiel unifamilial le lui permettrait.
Les citoyens désirant s'opposer à ce changement ont jusqu'au 25 mai pour faire une demande de participation à un référendum.