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Palestine et Israël: proches et distancés

Article mis en ligne le 13 février 2009 à 12:01
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Palestine et Israël: proches et distancés
(Photo: Peace and Collaborative Development Network)
Palestine et Israël: proches et distancés
Malgré les décennies écoulées depuis l’arrivée des immigrants juifs en Palestine, les frontières israélo-palestiniennes demeurent le carrefour de massacres sanglants. Ce conflit marqua une épopée du 20e siècle en abordant des questions politiques et culturelles, mais incluant également une dimension religieuse entre les Israéliens, principalement de religion juive, et les Palestiniens, majoritairement musulmans. Parmi les nombreux conflits de la région, les affrontements de décembre 2008 et janvier 2009 furent parmi les plus violents et meurtriers.

À l’aube de la nouvelle année, y a-t-il possibilité de cesser les hostilités quotidiennes entre la Palestine et Israël? D’abord, un historique des évènements s’étant déroulés dans la région permettra de mieux comprendre la situation actuelle.
26 décembre 2008 au 27 janvier 2009
Le 26 décembre 2008, plusieurs dizaines de roquettes sont tirées sur des villes du sud d’Israël ; le lendemain, Israël riposte militairement à ces attaques en bombardant massivement la bande de Gaza. Son objectif dans ses répliques consiste à mettre fin aux tirs de roquettes par le Hamas sur le territoire israélien et à suspendre son approvisionnement en armes en détruisant ses infrastructures à travers Gaza.
Au cours des premiers jours, de nombreuses propositions de cessez-le-feu furent proposées afin de calmer les tensions dans la région: elles furent toutes repoussées. Entre autres, le gouvernement français proposa un «cessez-le-feu humanitaire» le 31 décembre 2008, mais la demande fut refusée par Tzipi Livini qui affirma que «la situation humanitaire à Gaza est exactement comme elle doit être».

Cette requête fut suivie, le 8 janvier 2009, par une demande de «cessez-le-feu immédiat» par l’ONU qui fut elle aussi écartée par les deux partis. Les tractations entre Israël et le Hamas n’aboutirent à un cessez-le-feu que le 18 janvier 2009.

Somme toute, les autorités ont fait état d’un bilan global d’approximativement 1330 morts et 5500 blessés, un bilan s’étant alourdi au fil des jours.
Soupçons
Une attaque préméditée semble préoccuper l’esprit de nombreux protestataires: l’opération «Plomb durci» était-elle déjà en voie de préparation lors des attaques de décembre 2008 et de janvier 2009? En fait, le 31 décembre 2008, Haaretz, un journal populaire publié en Israël, indique que cette opération était prévue et préparée de longue date afin de démunir le Hamas de ses armes. Par contre, aucune preuve ne démontre que les attaques du 27 décembre constituaient la partie initiale du plan, étant donné que la première offensive fut lancée par le Hamas en réaction à un refus de lever le blocus sur Gaza.
D’un autre côté, de nombreux doutes règnent autour de l’utilisation de bombes à l’uranium lors de l’offensive israélienne. Des médecins norvégiens ont déclaré à la chaîne télévisée Press TV que de nombreux corps d’habitants blessés lors des attaques du 27 décembre 2008 contenaient des traces d’uranium appauvri, puis que le panache de fumée et l’intensité des chaleurs s’émanant de l’explosion attestaient de l’utilisation de bombes non «traditionnelles». De plus, comme la bande de Gaza constitue une zone très densément peuplée, les ravages de ces particules, causant des malformations pulmonaires, des cancers et des déformations génétiques, sont d’autant plus catastrophiques, compte tenu de la propagation fulgurante des particules d’uranium sur une population sous-alimentée.
Manifestations
À travers le monde, soit dans plus de 130 villes, la réaction internationale a pris la forme de manifestations par des habitants qui déplorent, dans la majorité des cas, le caractère disproportionné de la riposte israélienne, ainsi que les victimes civiles du côté palestinien. D’ailleurs, le 10 janvier 2009, plus de 10 000 personnes étaient présentes au centre-ville de Montréal, au coin du boulevard René-Lévesque et Peel – le mot d’ordre des participants: un cessez-le-feu total et la fin de l’offensive par Israël.
De surcroît, l’inaction du gouvernement fédéral et provincial fut critiquée par les manifestants qui brandissaient leurs pancartes condamnant les gestes et l’offensive militaire d’Israël contre Gaza. C’est ainsi que des milliers de manifestants ont paralysé la circulation de la métropole sous le regard attentif des autorités policières qui veillaient à séparer les manifestants propalestiniens et les manifestants proisraéliens qui en sont presque arrivés aux coups…

Il est aussi à noter que de nombreux juifs s’opposent fermement aux politiques d’Israël et qu’il ne faut pas confondre les gestes d’un pays avec ceux de sa communauté.

En fait, la polémique sur les attaques du Hamas et la riposte militaire d’Israël a réveillé le débat dans l’opinion publique sur la surenchère de la violence au Proche-Orient. Il est pourtant clair que les groupes concurrents devraient opter pour la retenue afin de donner une chance à la poursuite ou plutôt à l’enclenchement du processus de paix. Certes, les deux partis tentent de se défendre, mais il est facilement observable que la loi de la vengeance engendrera d’autres affrontements fratricides dans cette région du Moyen-Orient.

(Ziad Fawaz, résidant de Bordeaux-Cartierville et étudiant du cégep de Bois-de-Boulogne)

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Commentaire mis en ligne le 14 février 2009
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