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Courrier Bordeaux-Cartierville
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Qu’est-ce qu’on mange?

Article mis en ligne le 2 mai 2008 à 10:54
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Qu’est-ce qu’on mange?
Le chroniqueur Steven Guilbeault. (Photo: courtoisie)
Chronique de Steven Guilbeault
Qu’est-ce qu’on mange?
Un important débat a lieu en ce moment à la Chambre des communes sur l’adoption d’un projet de loi privé visant à rendre obligatoire l’étiquetage des organismes génétiquement modifiés (OGM). Croyez-le ou non, mais nous sommes peut-être à la veille de savoir enfin exactement ce qui se retrouve dans nos assiettes et, plus important encore, de pouvoir choisir ce que nous voulons manger. Même s’il s’agit d’un droit fondamental, le gouvernement fédéral n’a jamais cru bon nous fournir tous les outils nécessaires pour obtenir ces informations.
La question est pourtant très importante. Environ 60% à 75% des aliments transformés que nous consommons contiennent des OGM (céréales, vinaigrette, croustilles, sauce tomate, huile, desserts, etc.) et leurs effets à long terme sur notre santé et sur l’environnement sont, à ce jour, tout à fait inconnus. C’est pourquoi plus de 40 pays dans le monde ont choisi de rendre l’étiquetage des OGM obligatoire, préférant favoriser la sécurité des êtres humains et de l’environnement plutôt que de prendre des risques.

Au Canada, entre 80% et 90% des citoyens sont favorables à l’étiquetage des aliments contenant des OGM. En dépit de ce quasi consensus, le gouvernement fédéral a préféré adopter, en 2004, une norme «volontaire» qui laisse aux compagnies l’option d’étiqueter ou non les produits contenant des OGM. Résultat: quatre ans plus tard, il n’existe aucun aliment sur les tablettes contenant une mention «avec OGM».

Il nous est donc impossible de savoir dans quelle proportion et sous quelle forme les OGM se retrouvent dans nos aliments. C’est quand même étrange de ne pas pouvoir faire des choix alimentaires en toute connaissance de cause, vous ne trouvez pas?

Le pire dans tout ça, c’est que le gouvernement canadien n’a effectué aucune étude scientifique indépendante sur les effets des OGM. Toutes les données dont il dispose proviennent des compagnies qui les produisent et ces informations sont confidentielles. Comment pouvons-nous, dans ces conditions et en l’absence d’études significatives, faire confiance à ce processus?

Et d’ailleurs, si les OGM étaient si bons pour la santé, ça fait longtemps que les compagnies auraient posé des étiquettes pour mieux vendre leurs produits.

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