Pour prévoir les inondations, la Sécurité civile surveille de près le niveau de la rivière des Prairies. :(Photo: Archives )
Rivière-des-Prairies: la Sécurité civile aux aguets
La Ville met en place un nouveau système de prévention des inondations
Chaque printemps, la question revient: y-aura-t-il des inondations cette année? Pour la première fois cette année, le Centre de sécurité civile de la ville de Montréal surveille en continu le niveau de l'eau. Pour ce faire une simple modification aux équipements du service municipal de traitement des eaux usées. Cette modification permet de suivre en temps réel le niveau de l'eau partout autour de l'île.
«On ne peut pas empêcher les inondations, mais là on peut les prévoir et réagir à temps», lance Yves Thibault chargé d'opérations au Centre de sécurité civile (CSC) de la Ville de Montréal. En plus de donner le niveau de l'eau en temps réel, le nouveau système permet d'enregistrer l'historique, donc de pouvoir suivre l'évolution. Aussi, la disposition des 16 stations de lecture, huit tout le long de la Rivière-des-Prairies, permet de déceler les embâcles qui pourraient se former, pour les briser et éviter les inondations.
Pour faire d'une pierre deux coups, le CSC a aussi profité de ce nouveau système pour uniformiser les méthodes de prévention, puisque les inondations du printemps ne sont pas une nouveauté pour les arrondissements touchés. «Chaque arrondissement riverain avait sa culture de l'inondation, si on veut, alors nous avons mis nos méthodes en commun, pour travailler de la même façon» explique M. Thibault. Un ordre d'action a ainsi été établi. Par exemple si l'eau atteint un certain niveau, les sacs de sable doivent être préparés, à un niveau supérieur, ils doivent être disposés.
Connaître ce qui se passe en amont
Le niveau de la Rivière-des-Prairies dépend pour beaucoup de ce qui se passe dans la rivière des Outaouais qui se jette dans le fleuve. Le CSC travaille donc en concertation avec l'organisme qui s'occupe du niveau de l'eau pour le secteur, afin de pouvoir réagir de façon adéquate. «Si le niveau des rivières est à 18 mètres, mais qu'en Outaouais, on apprend que c'est en baisse depuis trois jours, a n'aura pas le même impact que si le niveau continue de monter là-bas», raconte M. Thibault.
À court terme, M. Thibault estime qu'il n'y a pas de risque, si le printemps devait être doux (journées et nuits plus douces), l'eau risquerait alors de monter dangereusement. En attendant, au 555 Chabanel, on a fait des réserves de sacs de sable et on surveille le niveau de l'eau.