Avec deux prisons dans le voisinage, les résidants des rues Tanguay et Verville considèrent que le quartier a une charge carcérale lourde à porter, et s’opposent à l’ajout d’un bâtiment sur le terrain du centre de détention. Les responsables de ce projet tenteront mardi de leur faire changer d’idée. (Photo: Archives)
Une rencontre sur l’agrandissement de la prison de Bordeaux
En suspens depuis près de deux mois, la question de l’agrandissement de la prison de Bordeaux sera au cœur d’une rencontre d’information organisée par la Société immobilière du Québec (SIQ) mardi soir. Du côté de l’arrondissement, qui doit apposer son sceau sur le projet, la demande d’approbation référendaire des citoyens reste en veille.
«On fera savoir s’il y aura ouverture d’un registre ou non seulement après la rencontre d’information», indique Marianne Fraser, agente de communication à l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Martin Chapdelaine, résidant du secteur touché par les travaux projetés, a présenté avec ses voisins une demande d’approbation référendaire en janvier. «Il a été facile d’aller chercher les signatures nécessaires parmi nos voisins», affirme-t-il. Rappelons que la signature du registre est la première étape du processus référendaire. Si le nombre de signatures au registre est suffisant, un référendum est lancé.
Ce n’est pas la première fois que l’on songe à ajouter des bâtiments au centre de détention qui occupe une partie du nord du quartier, et ce n’est pas la première fois non plus que les citoyens s’y opposent. En 1990, les résidants du secteur de la prison de Bordeaux s’étaient battus contre le transfert du centre de détention Parthenais dans leur secteur. Dix-huit ans plus tard, ils se mobilisent à nouveau, cette fois contre la volonté de la Société immobilière du Québec de construire un bâtiment à l’extérieur des murs, derrière le centre de services judiciaires Gouin.
Cette fois-ci, cependant, il s’agit d’un bâtiment administratif. «Les gens s’inquiètent de l’augmentation de la capacité carcérale, mais ce n’est pas le cas. Le nouvel immeuble permettra de désengorger l’entrée, et ne pourra qu’améliorer les choses sur le plan de la sécurité», affirme Martin Roy de la SIQ. Cependant, M. Chapdelaine est catégorique: «on ne veut pas de nouvelle construction à l’extérieur des murs».
La rencontre d’information qui se tiendra le mardi 26 février à 19h30 à l’auditorium du Centre d’hébergement Notre-Dame-de-la-Merci (555, boul. Gouin O) devrait, de l’avis de la SIQ, permettre d’éclairer les résidants davantage. Une première rencontre avait été tenue en automne, à laquelle peu de gens s’étaient présentés.