Les quatre femmes ont su créer des œuvres authentiques qui laissent transparaître leurs préoccupations. (Photo: Martin Alarie)
Musée des maîtres et artisans du Québec
Tapis d’hier et d’aujourd’hui
> Karine Boivin-Forcier
Passé et présent se côtoient dans l’exposition Tapis crochetés. Le Musée des maîtres et artisans du Québec présente les œuvres de quatre artistes contemporaines, accompagnées de tapis tissés par nos ancêtres.
Les tapis des quatre artistes, véritables tapisseries, sont exposés à la verticale le long des murs. Ces quatre femmes ont su créer des œuvres authentiques qui laissent transparaître leurs préoccupations. En entrant dans l’exposition, on découvre les tapis exécutés par Margaret Forsey, une artiste de la Nouvelle-Écosse. Elle est la plus jeune des trois femmes et sa jeunesse transparaît dans ses œuvres. À mi-chemin entre le portrait et le dessin animé, les personnages sont représentés avec des couleurs diverses et vives. Les portraits sont inspirés des personnes qui sont chères à la créatrice. Elle recycle, dans ses tapis, les vieux vêtements de ses amis.
Un peu plus loin, on rencontre les œuvres de Rachelle Leblanc, de Montréal. Ces portraits réalistes s’apparentent à des peintures. D’origine acadienne, l’artiste représente souvent l’histoire de ce peuple dans ses tapis. Elle aime aussi s’inspirer de ce qui l’entoure, de la nature et de sa famille. Elle utilise de la laine neuve qu’elle teint elle-même pour obtenir les variations de couleurs qui caractérisent ses œuvres.
Sur le mur du fond et au centre, on retrouve les œuvres de Deanne Fitzpatrick. L’artiste de la Nouvelle-Écosse utilise de vieux tissus qu’elle achète dans les comptoirs vestimentaires. Elle s’inspire beaucoup de la nature et des paysages maritimes. Ses tapis présentent une grande variété de couleurs et de nuances.
Finalement, on découvre les tapis créés par Doris Eaton, également de la Nouvelle-Écosse. Ses œuvres sont influencées par la peinture et s’apparentent à des aquarelles. Elle s’inspire aussi beaucoup de la nature et de son environnement.
Tapis d’hier
L’exposition présente aussi des tapis québécois datant du XXe siècle. Ils sont déposés à l’horizontal, sur des tables au centre de l’exposition. «La raison de les mettre à plat, c’est qu’à l’époque, ils les utilisaient au sol. Ils sont aussi plus fragiles», explique le directeur du musée, Pierre Wilson.
Ces tapis sont usés, marqués par le temps, mais rappellent bien la vie quotidienne des Québécois de cette époque. Ils ont été faits sur des canevas de jute, avec de vieux tissus recyclés. Ils représentent souvent des animaux. Le coq est un thème particulièrement utilisé. À l’époque, il avait une grande importance dans la construction de la culture québécoise.
L'exposition Tapis crochetés sera présentée jusqu’au 16 avril.