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Les trésors de Rosalie

Le Musée des Sœurs de Miséricorde: regard sur 160 ans d’histoire

par Corinne Laberge
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Article mis en ligne le 11 janvier 2008 à 16:59
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Les trésors de Rosalie
D’abord installées sur la rue Wolfe, les Sœurs de Miséricorde ont acheté un terrain à Bordeaux-Cartierville en 1920. En 1929, elles y ont fait construire un nouvel édifice plus spacieux que celui du centre-ville. Un an plus tard, elles s’installaient définitivement à Cartierville. (Photo: Courtoisie)
Les trésors de Rosalie
Le Musée des Sœurs de Miséricorde: regard sur 160 ans d’histoire
Installées dans Bordeaux-Cartierville en 1930, les Sœurs de Miséricorde fêtent leur 160e anniversaire le 16 janvier. Pour marquer le coup, elles invitaient cette semaine le public à découvrir leur musée, qui commémore une œuvre immense, toujours vivante, et qui, avec le temps, a fait des petits.
Vibrant témoignage de la vie et de l’oeuvre de Rosalie Cadron-Jetté, le Musée des Sœurs de Miséricorde retrace le parcours de la fondatrice de la seule et unique communauté canadienne vouée à l’aide aux mères célibataires, mises à l’écart et rejetées par leurs pairs. Une femme d’exception qui, malgré les tabous et la controverse, a conduit une mission qui a influencé le cours de l’histoire.

«Divisée en trois segments, l’exposition débute par un aperçu de la vie civile de Rosalie, qui était veuve et mère de plusieurs enfants lorsqu’elle a prononcé ses vœux», indique Julie Duchesne, coordonnatrice au Musée des sœurs de Miséricorde. «C’est important de bien connaître la fondatrice, car la couleur et la spiritualité de la communauté sont à son image. C’est ce qu’on appelle le charisme», explique celle qui commence par relater les événements marquants de l’existence de Rosalie Cadron-Jetté, dite la sœur de la Nativité.
«Elle était reconnue pour être très accueillante. Évidemment, fonder une communauté spécialisée dans les soins aux femmes enceintes non mariées était un acte d’accueil et de compassion inconditionnel, audacieux même à une époque où côtoyer ces filles-mères exclues qui faisaient le déshonneur de la famille était perçu comme un encouragement au vice», raconte l’historienne de formation qui, au fil des objets savamment disposés entre les toiles religieuses et les meubles antiques, poursuit son exposé.
L’appel de la vie
Après un survol des débuts de l’œuvre, de 1846 à 1864, le parcours nous entraîne sur la piste des multiples réalisations de la communauté, mise sur pieds par Rosalie à la demande de Mgr Ignace Bourget. Celui qui a été l’évêque de la ville en 1840 à 1876 espérait ainsi diminuer considérablement les infanticides et le phénomène d’abandon de poupons, des drames alors fréquents dans une société traditionnelle à l’aube d’un important bouleversement.
Musée en images
De la maquette de la rue Wolfe — où les pionnières ont commencé à recevoir les femmes venues de partout à travers le Québec trouver refuge chez les Sœurs de Miséricorde — à la reconstitution de la chambre de Rosalie réalisée à partir d’objets lui ayant appartenu, en passant par une mise en scène grandeur nature d’une crèche qui accueillait les enfants en attentent d’adoption, l’exposition récapitule les faits avec chronologie et précision, en misant sur des photographies authentiques et autres éléments visuels pour faciliter la compréhension.
«On hébergeait les mères célibataires et on prenait soin d’elles et de leurs bébés avant et après l’accouchement. Certaines n’étaient encore que des adolescentes de 14 à 17 ans», se souvient sœur Jeannette, qui travaille auprès de celles que Rosalie appelait «les trésors de mon cœur» depuis plus de cinquante ans.
Un accueil aussi inconditionnel que l’amour maternel
«Cette œuvre-là a été créée pour aider la mère et favoriser le lien qui l’unit à son enfant. La fille-mère fait souvent face à un problème de fond pas réglé et il faut parfois l’attendre longtemps avant qu’elle s’ouvre. Certaines doivent d’abord apprendre à se connaître en tant que femmes avant d’être mères, observe-t-elle. Notre accueil en est un fondé sur le respect et le non-jugement. Nous prenons les mères telles qu’elles sont, avec leurs joies, leurs peines, leurs craintes et surtout leur foi qui, quoique différente de la nôtre, est toute aussi forte», révèle celle qui ne manque pas de souligner la pertinence de l’action des Sœurs de Miséricorde dans le contexte moderne.
Un héritage vivant
«On aura toujours une mission actuelle, car si la société a changé, elle demeure néanmoins ambivalente à certains égards. Des mères célibataires de tous âges, milieux et origines continuent de se retrouver seules et nécessitent du soutien, encore et surtout aujourd’hui, alors que les familles sont de plus en plus éclatées et dispersées aux quatre coins», fait remarquer la sœur, qui confie avoir trouvé une communauté où elle se sent bien. «Mes parents m’ont fait cadeau de belles qualités, que les mères que j’ai côtoyées m’ont aidé à développer avec les années. Je leur ai donné sans compter, mais j’ai aussi reçu beaucoup d’elles, à travers qui j’ai senti ce que c’est d’être une femme et une mère», conclut-elle.
Le Musée des Sœurs de Miséricorde, situé au 12435 avenue de la Miséricorde, à Cartierville propose des visites animées gratuites, individuelles ou en groupe, sur rendez-vous. Pour informations sur le parcours du musée ou les activités proposées dans le cadre du 160e anniversaire de fondation: 514 332-0550, poste 1-393.

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