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Le saut vers la politique, le pas vers l’âge d’or

La directrice du Foyer de la Danse au Conseil des aînés

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Article mis en ligne le 6 janvier 2008 à 8:45
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Le saut vers la politique, le pas vers l’âge d’or
Mme Bouladian-Ortchanian en compagnie de la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais, lors d’un cocktail à l’Assemblée nationale en août dernier. (Photo: Courtoisie)
Le saut vers la politique, le pas vers l’âge d’or
La directrice du Foyer de la Danse au Conseil des aînés
Danseuse et chorégraphe de formation, Sonia Bouladian-Ortchanian n’a pas abandonné ses rêves lorsqu’elle a quitté son Liban natal pour s’installer dans Bordeaux-Cartierville en 1984, et y fonder le Foyer de la Danse. Ce sont cette ténacité, son expérience et ses aptitudes qui lui ont valu d’être invitée à faire partie du Conseil des aînés, où elle siège depuis bientôt trois ans.
Mme Bouladian-Ortchanian est l’une des cinq femmes faisant partie du conseil des aînés, qui compte en tout 12 membres votants. Elle est également l’un des deux seules représentantes des québécois issus de l’immigration. Par ailleurs, sa carrière dans le domaine de la culture la distingue des autres membres d’une institution aux finalités plus politiques. «C’est la diversité qui fait la richesse. Je crois qu’en m’approchant, on cherchait à aller chercher un point de vue différent», croit-elle.

Son implication communautaire et ses capacités de gestion sont également des facteurs qui ont joué en sa faveur dans son nouveau rôle. Elle a d’ailleurs commencé à s’impliquer davantage dans sa communauté quelques années avant d’être approchée par le conseil. «Même sans savoir ce que l’avenir me réservait, on dirait que je me suis sentie appelée à faire du bénévolat, à connaître plus la réalité des aînés», rapporte Mme Bouladian-Ortchanian.

La professeur de danse a quand même dû s’adapter à ses nouvelles fonctions, et a passé les premiers temps à écouter davantage qu’à intervenir. «Maintenant je suis à l’aise, je me sens utile et ça m’enrichit énormément», commente celle dont l’idole politique, est la défunte mairesse de Québec, Andrée Boucher. «J’ai toujours admiré son dynamisme, sa grande franchise, et l’intelligence dont elle faisait preuve dans son travail», dit-elle.
Un conseil présent sur tous les fronts
Chaque mois et demi environ, les membres du Conseil des aînés se rencontrent pour des réunions intensives durant une journée entière. Depuis l’arrivée de Mme Bouladian-Ortchanian, le Conseil des aînés a mené de front plusieurs dossiers, dont un projet de certification des maisons pour personnes âgées, qui a été porté devant l’assemblée nationale.
Le Conseil a également pris position en faveur de la création d’institutions spécifiquement destinées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La ministre Marguerite Blais, responsable des Aînés devrait présenter les recommandations du Conseil à ce sujet à l’Assemblée nationale.

Mme Bouladian-Ortchanian souligne le travail exceptionnel accompli par le président du Conseil, Georges Lalande. «Il n’arrête jamais! Récemment il a contacté l’ordre des dentistes, et l’ordre des notaires, afin de négocier des tarifs réduits pour les personnes âgées», rapporte-t-elle.

Le Conseil se réunissait aussi la semaine dernière, pour aborder la question du rôle des aidants naturels dans le maintien des personnes en perte d’autonomie. «Certains proches font beaucoup de sacrifices pour soutenir les personnes âgées en perte d’autonomie. Il faut leur offrir des ressources, parce que c’est très difficile, physiquement et psychologiquement», affirme-t-elle.

La question du transport pour les personnes âgées est également au cœur des débats du Conseil des aînés, de même que celle des taxes foncières. «Une réduction des taxes foncières pour les personnes âgées ferait une grande différence, en leur permettant de rester dans leur maison plus longtemps, ce qui a un impact immense sur leur bien-être», estime Mme Bouladian-Ortchanian.
Vieillir d’une culture à l’autre
Pour Sonia Bouladian-Orchanian, la solitude et l’isolement sont parmi les plus grands problèmes auxquels font face les aînés du Québec. «Les gens vivent trop seuls actuellement. Sans nécessairement vivre dans la même maison, je crois que de vivre à proximité de ses proches aiderait énormément», dit-elle. Elle se prononce résolument en faveur d’une plus grande mixité des générations. «Comment voulez-vous que les jeunes respectent les aînés s’ils ne les voient jamais», s’exclame-t-elle.
D’après elle, ce problème affecte davantage la société québécoise que, par exemple, le Liban. Et le climat y serait pour quelque chose. «Dans les pays méditerranéens, il fait toujours chaud, alors les portes et les fenêtres sont grandes ouvertes et on en vient à connaître ses voisins, à créer des liens. Ici, quand il fait froid, les gens sont forcés de s’isoler.»

Elle n’en a pas moins des mots très positifs pour sa terre d’adoption qu’elle continue, après plus de 20 ans, à découvrir. «Pour une artiste, c’est formidable de vivre ici, car les Québécois forment un peuple de créateurs, dont ils devraient être fiers.»

Et de quoi est-elle le plus fière, elle? «D’avoir accompli un rêve», répond-elle, d’un ton, encore aujourd’hui, rêveur.

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