Les enfants qui arrivent à bien s'intégrer, notamment grâce au contact d'autres enfants à la garderie, peuvent s'épanouir davantage.
(Photo: Marie Ndiaye Ba)
Pas facile pour une famille immigrante de trouver une place en garderie
Je m’appelle Marie Ba. Je viens du Sénégal. Ça fait quatre ans que je suis ici à Montréal. Je suis mariée et j’ai deux enfants: une fille de deux ans et un garçon de trois ans et demi. Je suis très patiente, je suis très sociable, je respecte les autres et j'aime qu’on me respecte.
Pour les familles québécoises, c’est très difficile de trouver une place en garderie. Mais c’est encore plus difficile pour les familles immigrantes.
Fatima Sidibé vient de la Côte d’Ivoire. Elle a inscrit son fils Hicham dans plusieurs garderies six mois avant de venir au Québec, mais elle a eu beaucoup de difficulté à lui trouver une place.
«Mon véritable problème, c’était la fameuse liste d’attente. Il faut attendre, qu’on me disait à chaque fois. Ça fait 14 mois maintenant et on ne m’a jamais appelée. À chaque fois, je demandais combien de temps peut-on attendre. De 16 à 24 mois, me disait la responsable. La situation devenait de plus en plus urgente parce que mon mari, qui s’occupait de mon enfant quand je suivais ma formation, devait maintenant commencer ses cours à l’université. Ça me stressait beaucoup parce que je ne voulais pas arrêter la formation qui va me permettre d’avoir une expérience de travail québécoise.»
Fatima, désespérée, a eu la chance de rencontrer la coordonnatrice en milieu familial de Cartierville, où elle habite. «Elle m’a beaucoup aidée en inscrivant mon nom sur Internet et elle disait que c’était très urgent. C’est là qu’on m’a appelée.»
Un mois après ces démarches, elle a finalement obtenu une place en garderie. Fatima Sidibé était au Québec depuis huit mois.
«Je me sentais très libérée et très contente quand j’ai eu la place. Je pense que nous, les immigrants qui venons d’arriver avec des enfants, si on n’a aucune chance d’avoir une place dans un CPE ou dans un milieu familial, on sera obligé de rester à la maison, ce qui ne facilite pas notre intégration dans la société québécoise.»
Laina Diouf, du Sénégal, n’a pas eu la même chance. Elle attend toujours une place en garderie pour sa fille Ina, qui à 18 mois.
«Je n’ai pas inscrit ma fille dès mon arrivée au Québec, mais ça fait maintenant huit mois qu’elle est sur la liste d’attente. Chaque fois que je suis en contact avec les garderies, on me demande de rappeler. Certaines garderies me disent que se sera plus facile d’avoir une place quand l’enfant aura deux ans.»
Laina, une femme très active, est obligée de rester à la maison, ce qui ne rend pas facile son intégration. «C’est très agréable de m’occuper de mon enfant, mais j’aimerais bien qu’elle trouve une place en garderie pour que je puisse rencontrer d’autres personnes et m’investir sur le plan professionnel.»
Une garderie pour s’intégrer
L’organisme Promis aide les nouveaux arrivants à s’intégrer. Au départ, l’organisme offrait des cours de français et un jardin d’enfants pour aider les parents à prendre des cours de trois heures. Le service le plus en demande était le gardiennage. De là est venue l’idée de créer le centre de la petite enfance Les Amis de Promis.
La garderie compte 60 places et une très longue liste d’attente. On compte sur les doigts d'une main les enfants qui ne sont pas immigrants.
«Le CPE Les Amis de Promis, c’est fait pour aider toutes les familles, mais on trouve beaucoup d’immigrants à Côte-des-Neiges, explique l’adjointe à la direction de Promis, Soumia Khassime. Les garderies rendent très facile l’intégration des enfants. Ça permet l’apprentissage de la langue et d’avoir plus de facilité à l’école. Pour les parents, c’est très rassurant de pouvoir confier son enfant et d'aller sur le marché du travail ou aux études, parce que l’intégration passe aussi par le travail.»
Mme Khassime affirme qu'il est toujours mieux d’inscrire l’enfant très tôt à la garderie, mais malheureusement, ce n’est pas facile pour certains immigrants d’inscrire leur enfant sur Internet avant d’arriver au Québec. Ce n’est pas dans tous les pays qu’on peut avoir accès facilement à Internet.
(Photo: Marie Ndiaye Ba)
(Photo: Marie Ndiaye Ba)