La Librairie Monet contribue à promouvoir la lecture chez les jeunes
La Fondation pour l’alphabétisation, en partenariat avec 150 librairies du Québec, a lancé mercredi dernier la 9e édition de La lecture en cadeau, un programme qui invite la population à acheter le premier livre neuf d’un enfant de 12 ans et moins. Dans Bordeaux-Cartierville, la Librairie Monet offre son appui au projet depuis le début.
La semaine dernière, la comédienne et porte-parole de la Fondation, Marie Turgeon, a profité du Salon du livre de Montréal, pour inviter la population de Montréal et des environs à faire l’achat de livres durant le mois de novembre et de décembre. Ces livres seront par la suite redistribués à des enfants de la région.
L’an dernier, 6 881 livres-jeunesse ont été remis dans la région de Montréal grâce au projet La lecture en cadeau. Cependant, cela est loin de suffire à la demande, puisqu’on dénombre 117 865 enfants de 17 ans et moins vivant dans des familles à faible revenu dans les environs de la métropole, selon le recensement canadien de 2001.
«En embrassant notre cause, vous contribuez à transmettre la magie de la lecture à des enfants de votre région vivant dans des familles où le rapport aux livres est bien souvent inexistant», de dire la relationniste de l’événement, Stefanie Bathurst.
La Librairie Monet au rendez-vous
Chez nous, la Librairie Monet fait partie des 150 librairies participantes au Québec. Son implication remonte aux tous débuts du programme. «C’est un projet auquel on croit beaucoup, explique Anne-Pascale Lizotte de la Librairie. Nous avons toujours travaillé à former les lecteurs de demain. L’accès des enfants à la lecture nous tient à cœur.»
Ainsi, jusqu’à la fin du mois de décembre, il sera possible pour les clients de la Librairie d’acheter un livre pour enfants de 0 à 12 ans et de le déposer dans une boîte destinée au programme. Il est possible d’écrire un mot d’encouragement une étiquette dédicace.
«Ça fonctionne généralement assez bien. De notre côté, on essaie d’informer nos clients du projet, et ces derniers sont la plupart du temps touchés par l’initiative», rapporte Mme Lizotte.
Les livres amassés seront distribués durant la première semaine de mai, par l’intermédiaire des écoles (sélectionnées à l’aide des Indices de défavorisation établis par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport), des centres de la petite enfance et de divers organismes communautaires. Dans plusieurs cas, il s’agit pour les enfants de leur premier livre neuf.
Lutter contre le décrochage et l’analphabétisme
D’après Stefanie Bathurst, le projet permet de prévenir de façon efficace le décrochage scolaire et l’analphabétisme auprès des enfants. «Il s’agit d’un problème intergénérationnel, car derrière les enfants qui profitent de la La lecture en cadeau, on retrouve très souvent des parents qui sont faibles lecteurs et qui occupent des emplois précaires et mal rémunérés.»
Au Québec, certains estiment à 800 000 le nombre d’adultes de 16 à 65 ans qui sont analphabètes et cette réalité va de pair avec la pauvreté. Or, le parcours scolaire de ces adultes influe directement sur celui de leurs enfants. Ainsi, on comprend mieux pourquoi le décrochage scolaire et l’analphabétisme sont davantage présents au sein de ces familles.
La personne qui donne un livre neuf à un enfant permet donc, par ricochet, d’entrer en contact avec les parents faibles lecteurs qui voudront un jour entreprendre une démarche d’alphabétisation dans le but de contribuer à l’éducation et à la qualité de vie de leurs enfants.
Depuis huit ans, 138 000 enfants ont bénéficié du projet et en mai dernier, 25 293 livres ont été remis lors de la distribution. Cependant, la Fondation reçoit environ 100 000 demandes de livres neufs chaque année.