Huit personnes âgées de Bordeaux-Cartierville ont été honorées lors du Salon des aînés pour leur implication dans leur communauté et leur générosité. (Photo: Maya d’Alarie photo
La main d’œuvre grise
La plupart des aînés honorés lors du Salon des aînés sont des bénévoles actifs, et ils ne sont pas les seuls. Peu reconnus pour leur apport, les aînés forment pourtant le gros de la main d’œuvre bénévole, tant par leur nombre que par le nombre d’heures qu’ils offrent.
Selon la directrice générale du Centre d’action bénévole Bordeaux-Cartierville (CAB), Marilena Huluban, 80% des bénévoles réguliers du quartier sont des personnes âgées de 65 ans et plus. «Ils sont parmi ceux qui s’impliquent le plus longtemps, et le plus souvent», dit-elle.
En plus de ceux qui assurent les services réguliers du CAB, les aînés sont nombreux à la popote roulante, à la clinique d’impôts et l’organisation de dîner d’amitié pour briser l’isolement des personnes âgées. Beaucoup s’impliquent aussi dans les services aux personnes âgées en perte d’autonomie et à l’aide téléphonique aux aînés.
Depuis deux ans, on encourage également les activités intergénérationnelles. C’est ainsi qu’est né le projet Vivre en harmonie. «On a mis sur pied des activités de tricot, de cuisine et de couture, en collaboration avec la Maison des jeunes. Les aînés viennent aider et donner des conseils aux jeunes qui l’apprécient énormément. C’est un franc succès», rapporte Mme Huluban.
Comment s’explique une telle présence des aînés dans le bénévolat? «C’est sûr qu’on peut l’attribuer au fait qu’ils ont beaucoup de temps libre, mais c’est très réducteur envers l’engagement social des aînés. Pour eux, s’impliquer dans la communauté est un acte normal et essentiel; aider leurs semblables est naturel. Et beaucoup d’entre eux considèrent qu’ils reçoivent autant qu’ils donnent», affirme Mme Huluban.
Cette dernière considère que la contribution des aînés n’est pas suffisamment reconnue par la société: «les gens prennent leur engagement pour acquis, ou bien ne savent tout simplement pas à quel point ils sont actifs.»
C’est également l’avis de Jeannine Laurin, bénévole et présidente d’honneur du Salon des aînés. «On arrête pas de dire que les aînés coûtent cher en médicaments et en soins médicaux. Mais il faudrait que l’on compte tout le temps qu’ils donnent en bénévolat», a-t-elle déclaré lors de son discours. Pour elle comme pour Mme Huluban, la contribution des têtes blanches à la société n’a pas de prix.