Le réalisateur cartiervillois Daniel Rocque a présenté son documentaire Trauma Coeur mercredi à l'hôpital du Sacré-Cœur. (Photo: Courtoisie)
Guérir cœurs et âmes
Le 23 mai, l’hôpital du Sacré-Cœur était le théâtre de l’avant-première du film Trauma-Coeur de Daniel Rocque, explorant le phénomène méconnu du syndrome de stress post-traumatique affectant les victimes de malaises cardiaques.
Quinze mois après une crise cardiaque dont il se remet assez bien, Daniel Rocque frappe un mur. Il devient anxieux, il est terrifié à l’idée de sortir de chez lui ou simplement d’être seul, au cas où il aurait un nouveau malaise.
Après avoir consulté plusieurs spécialistes, une travailleuse sociale émet l’hypothèse qu’il puisse s’agir du syndrome de stress post-traumatique, une forme d’anxiété affectant les personnes ayant vécu un choc grave (guerre, agression, accident…)
D’autres professionnels le confirment: M. Rocque est bel et bien un cas exceptionnel de victime de crise cardiaque affectée du syndrome de stress post-traumatique. Mais M. Rocque refuse de croire qu’il est seul dans sa situation. Durant ses démarches thérapeutiques, il rencontre plusieurs personnes vivant la même chose que lui. Pour le scénariste-réalisateur, c’est le point de départ d’un documentaire qui deviendra la clé de sa guérison.
À travers les témoignages de Alain, Jean-Paul et Sonia, Trauma-Coeur explore les angoisses associées au syndrome de stress post-traumatique suivant un malaise cardiaque. Souvent confondue avec la dépression, cette affliction est encore peu diagnostiquée chez les patients ayant subi un choc par rapport à leur santé, alors que, selon M. Rocque, elle semble affecter une bonne proportion d’entre eux. «La dépression est un trouble de l’humeur qui se traduit souvent par le désir d’être seul. Le syndrome de stress post-traumatique est très différent; c’est un trouble anxieux qui provoque plutôt une peur d’être seul, de mourir seul», explique M. Rocque.
Le film apporte aussi le point de vue de professionnels de la santé, tant du côté de la médecine que de la psychologie. «Le milieu a ouvert ses portes bien grandes à mon projet et a fait preuve de beaucoup de collaboration» affirme M. Rocque. En effet, bien que l’idée que le syndrome de stress post-traumatique puisse se manifester chez des gens malades ou convalescents soit assez nouvelle, les professionnels de la santé font preuve, selon M. Rocque, d’une grande réceptivité. Ils souhaitent, de manière générale, attirer l’attention sur les difficultés que vivent les patients en convalescence.
C’est la même motivation qui a poussé Daniel Rocque tout au long du tournage et du montage. «J’espère que mon film aidera les gens vivant le même type d’angoisses à les comprendre, et qu’il contribuera à ce que le phénomène soit mieux reconnu dans le milieu médical.» C’est pourquoi l’objectif du réalisateur est de trouver un commanditaire afin que le documentaire soit distribué gratuitement dans les hôpitaux, accompagné d’un guide de ressources. M. Rocque est également en discussion avec des cinémas de répertoire pour que Trauma-Coeur y soit diffusé.