OTTAWA - Malgré quelques titres de manchettes peu attrayants ces derniers jours, Stephen Harper a eu droit à une bonne nouvelle, vendredi: une enquête d'opinion publique menée cette semaine laisse planer la possibilité que le chef conservateur se retrouve à la tête d'un gouvernement majoritaire le 14 octobre.
Le sondage La Presse Canadienne-Harris-Décima accorde 41 pour cent des intentions de vote au Parti conservateur, loin devant le Parti libéral, qui obtiendrait 26 pour cent des voix. Le Nouveau Parti démocratique arrive au troisième rang, avec 14 pour cent de la faveur populaire; le Parti vert suit avec neuf pour cent.
Au Québec, les conservateurs font également bonne figure, avec 28 pour cent des intentions de vote, bien qu'ils se fassent toujours damer le pion par le Bloc québécois, qui glane 35 pour cent de la faveur populaire. Les libéraux de Stéphane Dion se classent troisièmes, à 17%, devant le NPD à 10% et le Parti vert à 7%.
En Ontario, les conservateurs obtiennent la même proportion du vote qu'à travers le Canada, mais les libéraux leur livrent une meilleure lutte, avec 34 pour cent. Le NPD, à 13 pour cent, et le Parti vert, avec 11 pour cent des répondants, traînent de la patte.
Cependant, la formation de M. Dion détient une confortable avance dans les provinces de l'Atlantique, avec 40 pour cent de la faveur populaire, soit huit points de plus que les conservateurs. Le NPD obtient 22 pour cent des votes, comparativement à seulement trois pour cent pour le Parti vert.
Selon Bruce Anderson, président de Harris-Décima, les conservateurs ont réalisé des gains dans chacune des régions du Canada, mais aussi en zone urbaine, où ils détiennent une avance de 10 points, et chez les femmes, où leur priorité s'établit à 13 points.
Image modérée
Ces chiffres tendent à démontrer que l'image de M. Harper n'a pas trop souffert de sa volte-face spectaculaire sur les débats des chefs, mercredi, et des quelques gaffes commises par des membres de son équipe en cette première semaine de campagne.
M. Anderson a estimé que ces résultats favorables pour les conservateurs s'expliquent par le blitz publicitaire mis de l'avant par les instances du parti, qui ont réussi à convaincre l'électorat canadien que M. Harper affiche des politiques modérées.
"Il est clair que plusieurs électeurs voulaient réélire les conservateurs et Stephen Harper, a analysé M. Anderson, mais ils attendaient qu'on les rassure et qu'on leur fournisse quelques raisons supplémentaires.
"La campagne conservatrice leur a donné ce qu'ils recherchaient, se redéfinissant comme un parti qui vise à gouverner plutôt qu'à chercher à refaire le Canada. On a aussi repositionné M. Harper de façon à ce qu'il soit moins perçu comme un idéologue conservateur pur et dur, et plus comme un homme simple, correct, réfléchi et compétent."
M. Anderson a aussi noté que les récentes bévues des conservateurs ont permis à M. Harper de confirmer qu'il avait changé ses façons de faire. Le chef conservateur a immédiatement présenté ses excuses à son homologue libéral Stéphane Dion, à la suite d'une publicité de mauvais goût véhiculée dans le site Internet du parti. Il a aussi réagi prestement, jeudi, en suspendant le directeur des communications du parti pour des remarques faites à l'endroit du père d'un soldat mort en Afghanistan.
Harris-Décima a interrogé par téléphone 300 électeurs chaque soir entre lundi et jeudi - 1406 répondants en tout. Cette méthode de sondage sera répétée chaque semaine pendant toute la durée de la campagne.
La marge d'erreur du sondage national est de 2,6 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Au Québec, cette marge s'établit à 5,5 points, en Ontario à 4,8, et dans l'Atlantique à huit points.
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Yves Favreault
Commentaire mis en ligne le 12 septembre 2008Harper possède beaucoup de qualité en politique et possible qu'il sera en majorité !