Maxime Bernier est vu avec Julie Couillard à Ottawa sur cette photo d'archives, le 14 août 2007. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson
OTTAWA - La conseillère du premier ministre Stephen Harper en matière de sécurité nationale affirme que personne ne s'est interrogé sur l'aptitude de Maxime Bernier à siéger au conseil des ministres même après la divulgation, dans les médias, d'informations sur les relations antérieures de son ex-petite amie avec des membres de la mafia et de gangs de motards.
Margaret Bloodworth a affirmé mardi qu'il n'était pas nécessaire d'alerter le premier ministre, ni de vérifier les "conjectures" des médias, parce que M. Bernier avait passé un contrôle de vérification des antécédents au début d'avril, à peine un mois avant que la nouvelle du passé trouble de son ex-conjointe, Julie Couillard, ne fasse les manchettes.
Mme Bloodworth, qui témoignait devant le comité des Communes sur la sécurité publique, a reconnu que ces vérifications ne s'étendent pas aux conjoints, à la famille immédiate ou aux partenaires amoureux. Néanmoins, a-t-elle dit, comme ni la Gendarmerie royale du Canada, ni le Service canadien du renseignement de sécurité n'ont tiré la sonnette d'alarme à propos de M. Bernier ou de Mme Couillard, leur relation n'a jamais préoccupé le Bureau du Conseil privé, qui est le ministère du premier ministre.
M. Bernier a démissionné comme ministre des Affaires étrangères à la fin du mois dernier après avoir admis avoir laissé des documents confidentiels pendant des semaines au domicile de Mme Couillard.
Les partis d'opposition pensent que Mme Couillard pourrait avoir tenté d'infiltrer le gouvernement pour le compte du crime organisé. Ces soupçons ont été alimentés par la révélation, la semaine passée, qu'elle avait fait des démarches tant auprès de M. Bernier que de Bernard Côté, un adjoint du ministre des Travaux publics Michael Fortier, pour le compte d'un promoteur immobilier qui souhaitait décrocher un contrat fédéral. Et ils ont été encore accrus mardi, quand le gouvernement a confirmé que la mère de Mme Couillard, Diane Bellemare, a obtenu un contrat du gouvernement fédéral quelques semaines à peine avant que Mme Couillard accompagne M. Bernier à sa cérémonie de prestation de serment, comme ministre des Affaires étrangères, en août 2007.
Peter Van Loan, le leader du gouvernement en Chambre, a soutenu que Mme Bellemare était qualifiée pour le poste, attribué pour un mandat de trois ans, et qui consiste à arbitrer des litiges concernant l'assurance-emploi. Il a ajouté qu'elle avait subi un contrôle de sécurité.
Au comité sur la sécurité publique, les députés de l'opposition ont accueilli avec incrédulité l'apparent manque d'intérêt de Mme Bloodworth à l'égard des révélations sur les relations passées de Mme Couillard avec des criminels, ou sur son implication avec au moins quatre ministères fédéraux différents.
De l'avis du député du Bloc québécois Serge Ménard, qui s'exprimait à la sortie du comité, le Bureau du Conseil privé semble avoir pris la chose "très légèrement". Selon lui, les services de sécurité ont commis une erreur grave dans ce dossier. Il estime aussi que le Conseil privé aurait dû faire vérifier les faits, après avoir lu les reportages.
La porte-parole du Nouveau Parti démocratique, Penny Priddy, s'est dite "mystifiée" par l'apparente "passivité" du Bureau du Conseil privé eu égard à la sécurité nationale.
Le porte-parole libéral, Ujjal Dsanjh, était "sidéré" que personne ne semble avoir été au courant du problème, ni la GRC, ni le SCRS, ni la conseillère en matière de sécurité du gouvernement. "C'est renversant que le système de sécurité de ce pays ait totalement échoué, dans cette affaire, à protéger les Canadiens", a-t-il affirmé. "Ou bien on assiste à un gigantesque cover-up, ou bien ils sont tous incompétents", a-t-il lancé.
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