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Courrier Bordeaux-Cartierville
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Le prochain président américain pourrait bousculer Harper sur plusieurs sujets

Presse Canadienne Article mis en ligne le 3 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Que ce soit Barack Obama ou John McCain, le prochain président américain pourrait forcer le gouvernement canadien à revoir ses positions sur plusieurs sujets, dont la lutte contre le réchauffement planétaire et la mission en Afghanistan.
Le premier ministre Stephen Harper suivra assurément avec une grande attention l'issue des élections mardi soir, sachant que les deux candidats à la Maison Blanche ont énoncé des opinions qui divergent souvent de celles du gouvernement conservateur à Ottawa.
Hypothèse impensable il y a quelques années, ce sont peut-être les voisins du sud du Canada qui le forceront à prendre le virage vert, puisque tant le candidat des démocrates que celui des républicains est en faveur de cibles absolues de réduction des gaz à effet de serre (GES).
Le Canada a lui fait marche arrière sur le sujet, puisqu'après avoir signé le Protocole de Kyoto sous Paul Martin, il s'oppose désormais aux cibles de réductions de GES prenant 1990 comme année de référence, tel qu'indiqué dans l'accord international.
Le nouveau ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, devra ainsi tendre l'oreille à de nouvelles voix sur les changements climatiques, après huit ans de silence de la part de l'administration Bush. Selon le politologue Donald Cuccioletta, le prochain président incitera ainsi les conservateurs à reconsidérer certains aspects de leur politique environnementale.
"Je pense que M. Harper va adoucir sa position sur la question climatique, il va commencer à regarder davantage certaines clauses de Kyoto", a-t-il avancé.
L'Afghanistan devrait aussi être au coeur des discussions entre les deux pays dans la foulée des élections, M. Obama et M. McCain souhaitant l'envoi de davantage de troupes américaines et de l'OTAN sur ce terrain.
Pour le professeur en sciences politiques à l'Université de Montréal, Pierre Martin, il faut s'attendre à ce que les Etats-Unis accroissent leur présence en Afghanistan et possiblement à ce que le gouvernement de M. Harper revienne sur sa décision de rapatrier les troupes canadiennes au pays en 2011.
Ce scénario serait particulièrement envisageable si c'était M. Obama qui remportait les élections et si sa popularité ne défaillait pas dans les prochains mois.
"Il sera beaucoup plus facile, rendu en 2011, pour un gouvernement Harper qui croirait en la pertinence de conserver la mission canadienne (en Afghanistan), de renverser sa parole si le président Obama reste aussi populaire au Canada qu'il l'est maintenant", a-t-il confié.
Chose certaine, M. Harper devrait faire face à une pression accrue non seulement de la part de la nouvelle administration américaine mais également de l'ensemble de ses alliés membres de l'OTAN pour qu'il prolonge la mission canadienne en Afghanistan.
Le prochain président américain devrait également le forcer à bouger sur le dossier d'Omar Khadr, ce jeune Canadien emprisonné à la prison de Guantanamo, puisque les deux candidats se sont engagés à fermer ce centre de détention sévèrement critiqué par les groupes de défense des droits de l'homme.
Jeudi, après avoir fait l'annonce de son nouveau cabinet, M. Harper s'est contenté de dire qu'il laissait le processus légal entamé par les Etats-Unis contre M. Khadr suivre son cours.
"Il y a plusieurs possibilités avec le cas de M. Khadr, mais la position de ce gouvernement est que le processus américain doit être fini avant que nous considérions un changement de position", avait-il indiqué.
Le sort de l'unique citoyen d'un pays occidental toujours enfermé à la prison de Guantanamo risque nécessairement de revenir sur le tapis de façon répétée tant que les Etats-Unis n'auront pas fermé définitivement la prison.
Il est jusqu'à présent ardu de voir ce qui adviendra du l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) puisque, si M. Obama a manifesté au cours des primaires son intention de rouvrir l'accord économique liant son pays au Canada et au Mexique, il est resté discret sur le sujet depuis.
En ces temps économiquement difficiles, le Congrès pourrait se montrer plus empressé à renégocier l'accord, mais les politologues croient que cela ne se fera pas du jour au lendemain.
"Même s'il va y avoir beaucoup de gesticulations allant dans le sens du protectionnisme de la part du Congrès et que le président va devoir les écouter (...), je crois qu'il y a assez peu de chance que l'on renverse la vapeur sur l'ALENA", a affirmé M. Martin.
Enfin, puisqu'il apparaît de plus en plus probable que M. Obama gagnera les élections et qu'il se définit comme étant le candidat du "changement", M. Harper verra sans doute plus souvent qu'à son tour ses positions, idéologiquement plus proches de M. McCain, défiées.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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