OTTAWA - L'accusé de terrorisme Mohamed Harkat réclame un assouplissement de ses conditions de libération sous caution, et promet de marcher droit si Ottawa accepte sa requête.
Mais le juge de la Cour fédérale qui recevait sa demande a exprimé des réserves, mercredi, laissant entendre que Harkat a menti à de nombreuses occasions par le passé, ce qui soulève des doutes sur sa crédibilité.
Le juge Simon Noël faisait allusion à une décision d'une autre juge de la Cour fédérale, Eleanor Dawson, qui a écrit en 2005 que Harkat avait menti au Service canadien du renseignement de sécurité au sujet de son passé.
Mercredi, Harkat a attribué cela à sa piètre maîtrise de l'anglais et au fait qu'il craignait d'être déporté quand il était interrogé par le SCRS. Selon lui, la situation est différente maintenant, et il assure que depuis sa libération sous caution, il y a un peu plus de deux ans, il s'est efforcé de faire de son mieux pour respecter les règles. Il a ajouté qu'il est dans son intérêt de continuer à le faire parce qu'il ne veut pas retourner en prison, et il ne veut pas non plus fournir à Ottawa le moindre motif pour le renvoyer en Algérie, son pays d'origine.
Le SCRS avance que Harkat est un agent dormant d'al-Qaida, le réseau terroriste d'Oussama ben Laden, et qu'il devrait être expulsé du Canada parce qu'il constitue une menace à la sécurité nationale.
Selon le service de renseignement, Harkat a menti sur son passé pour cacher le fait qu'il a séjourné en Afghanistan, pour camoufler ses contacts dans ce pays et au Pakistan avec des combattants islamistes, et avec des individus liés à al-Qaida.
Lui-même nie tout lien avec le terrorisme et dit craindre d'être torturé ou tué en Algérie.
Il a été arrêté décembre 2002 et a passé trois ans en prison avant d'être remis en liberté sous caution. Ses conditions de libération seraient les plus rigoureuses de l'histoire canadienne, selon ses avocats.
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