MONTREAL - Il n'y a rien de pire pour créer de l'incertitude économique auprès des investisseurs étrangers que de parler de constitution et de souveraineté au Québec, en cette période de crise économique mondiale, selon le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand.
Ce dernier a tenu à exprimer son inquiétude sur les priorités des partis d'opposition à Québec, au terme de leurs congrès respectifs ce week-end. Il leur reproche de dire que leur priorité c'est l'économie alors que les adéquistes parlaient de rouvrir la constitution et que les péquistes causaient de souveraineté.
Dans un point de presse impromptu, dimanche après-midi à Montréal, le ministre Bachand a dit constater que ce genre de discussions sur la place publique, à ce moment-ci, suscite des craintes auprès des investisseurs, allant même jusqu'à demander "sur quelle planète vivent" les chefs des autres partis à l'Assemblée nationale.
"Moi j'essaie de sécuriser des investissements et d'en obtenir de nouveaux. Des gens de Toronto, de New York, de Berlin ou de Londres me demandent régulièrement comment ça se passe au Québec? Est-ce que le gouvernement est appuyé par les partis d'opposition? Lorsqu'ils vont regarder ça, ils vont dire "What?" Ils veulent parler de constitution!"
Si le ministre Bachand reconnaît qu'on va reparler de constitution un jour au Québec, il précise que le moment n'est pas venu.
"Le temps est venu de parler d'économie. C'est ça qui préoccupe les citoyens puisqu'il y a une crise mondiale", a-t-il martelé à plusieurs reprises, soulignant que l'Ontario, les Etats-Unis et l'Europe parlent de récession.
Selon le ministre Bachand, les discussions du moment devraient être axées sur l'emploi et l'investissement. Il reproche d'ailleurs à l'Action démocratique de Mario Dumont et au Parti québécois de Pauline Marois de ne pas avoir amené une seule idée concrète pour développer l'économie durant leurs instances de la fin de semaine.
Quant à savoir si le gouvernement libéral minoritaire songe à déclencher des élections prochainement, M. Bachand a reconnu que la population "ne pense jamais que c'est un bon temps pour faire une élection", sans fermer la porte pour autant. Selon lui, il ne faut pas que ça prenne des mois pour obtenir des approbations sur les mesures financières proposées en période économique turbulente.
"S'il y a une tempête qui s'en vient à l'horizon, est-ce que ça va prendre trois mois à avoir l'approbation alors que le capitaine du bateau a une solution à mettre en place?"
Il précise toutefois que c'est au premier ministre que revient cette décision, "au moment qu'il voudra".
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