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Pauline Marois exhorte Jean Charest à ne pas déclencher d'élections

Presse Canadienne Article mis en ligne le 24 octobre 2008 à 23:00
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QUEBEC - Pauline Marois exhorte Jean Charest à ne pas lancer le Québec en campagne électorale dans les semaines qui viennent.
Selon elle, M. Charest n'assumerait pas ses responsabilités de premier ministre s'il décidait de déclencher des élections générales dès maintenant, alors que sévit une crise économique importante.
"M. Charest, vous seriez complètement irresponsable d'appeler les Québécois aux urnes, au moment où ils sont inquiets quant à leur emploi, leur épargne, leurs finances et quant à leur avenir ", a déclaré la chef péquiste, sur un ton très alarmiste, samedi matin, dans un discours-fleuve, devant quelques centaines de militants réunis à Québec, à l'occasion de la Conférence des présidents de son parti.
En ces temps d'incertitude économique, toute l'attention doit plutôt porter sur les solutions à apporter à la crise financière qui secoue la planète, source de grande inquiétude pour les Québécois, a fait valoir Mme Marois.
Il faut "tenter de trouver les meilleures solutions possibles pour affronter la tempête qui nous guette", a-t-elle précisé plus tard, en conférence de presse.
C'est la première fois que Mme Marois rejette aussi carrément le scénario d'élections automnales, une hypothèse que la chef péquiste a semblé prendre très au sérieux.
Durant son allocution centrée essentiellement sur la crise économique, Mme Marois n'a pas soufflé un seul mot du manifeste sur la souveraineté rendu public le matin même par son parti.
Ce manifeste devait pourtant constituer la raison d'être du rassemblement du week-end.
Mais l'ampleur de la crise amène visiblement la chef souverainiste à revoir l'ordre de ses priorités.
Et elle souhaiterait que le premier ministre, à qui elle prête des visées opportunistes, fasse de même.
Car tandis que les gens sont menacés de perdre leur emploi, a-t-elle noté, le premier ministre Jean Charest, lui, ne pense qu'à "garder le sien", en jonglant avec un déclenchement hâtif d'élections.
La priorité doit plutôt aller "aux problèmes du vrai monde", a-t-elle ajouté, dans un discours bien senti, qui aura duré plus de 30 minutes.
Dimanche, la conférence nationale des présidents devrait adopter une résolution enjoignant les députés péquistes à maintenir la pression sur le gouvernement pour qu'il adopte un "plan d'urgence"visant à aider les familles et les entreprises frappées par cette crise.
D'autant plus que les Québécois n'en veulent pas d'élections, selon elle, jugeant que ce ne serait donc pas une bonne idée d'y aller maintenant.
Mais si, d'aventure, le premier ministre donne le coup d'envoi dès maintenant, le PQ sera prêt, a-t-elle assuré.
D'ailleurs, l'ordre du jour de la rencontre des présidents d'associations des 125 circonscriptions a été bousculé, samedi, laissant de côté les sujets prévus pour planifier la prochaine campagne électorale. Juste au cas où.
"S'il n'est pas capable d'être à la barre, moi je suis prête à la prendre", a assuré Mme Marois, qui fait valoir que c'était son parti qui était au pouvoir quand est survenue la crise économique du début des années 80.
Le Québec s'en était bien tiré, alors, a-t-elle dit, en rappelant aussi que le PQ était le parti du déficit zéro.
Malgré tout, si l'enjeu de la prochaine campagne est la crise économique, elle est d'avis que cela ne nuira pas à la cause souverainiste.
Car "être souverain nous donne plus de moyens pour prendre de meilleures décisions, des décisions plus cohérentes", a-t-elle fait valoir, en disant qu'elle ne cacherait pas son option.
A propos d'un éventuel référendum sur la souveraineté lors d'un prochain mandat, elle a dit que ce n'était pas exclu. Il n'y aura pas d'obligation d'en tenir un, ni d'obligation de ne pas en tenir un, a-t-elle tranché, en substance.
Quant au manifeste sur la souveraineté, il vise à mobiliser la population autour de ce projet, qui bat de l'aile dans les sondages.
Dimanche, les militants péquistes vont se donner un "argumentaire" pour mieux "vendre" le manifeste et, surtout, le projet de souveraineté aux indécis.
Comme tel, le manifeste n'apporte cependant rien de neuf au discours souverainiste.
Il n'est qu'un bref condensé, sur deux pages, des principes et grandes orientations défendus par le PQ depuis sa création, il y a tout juste 40 ans.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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