Stephen Harper, le 15 octobre, 2008, en Calgary. LA PRESSE CANADIENNE/Jonathan Hayward
TORONTO - Près de 30 millions $ ont été dépensés pour la sécurité du premier ministre Stephen Harper depuis son arrivée au pouvoir en 2006, indiquent des documents divulgés récemment. L'augmentation des coûts de protection laisse croire que le premier ministre pourrait avoir fait l'objet de nouvelles menaces, selon un expert.
Le coût de la sécurité de M. Harper a atteint 10,7 millions $ au cours de sa première année au pouvoir, et a grimpé jusqu'à près de 13 millions $ pour l'année financière 2007-08, selon des documents obtenus par La Presse Canadienne grâce à la Loi sur l'accès à l'information.
La part du lion de ces dépenses va à la rémunération du personnel, dont les salaires des agents de la Gendarmerie royale du Canada qui suivent M. Harper partout où il va - ils sont passés de 7,5 millions $ à 9,1 millions $ au cours de la même période. Ces montants englobent toutes sortes de dépenses - les transports, les communications, les services juridiques, la formation, l'équipement, et même des armes et des munitions.
L'expert en sécurité internationale Chris Mathers, un ex-officier de la GRC, explique qu'il y a des coûts fixes, comme ceux des gardes du corps, des employés qui fouillent les lieux où le premier ministre doit se présenter et des experts qui conçoivent les plans d'urgence pour le cas où quelque chose tourne mal. Ils doivent savoir où se trouve l'hôpital le plus proche, comment y amener le premier ministre, si un hélicoptère médical est disponible, par exemple.
Il y a également des coûts variables, qui fluctuent d'une année à l'autre selon les voyages que le premier ministre effectue et les endroits où il va. Mais la plus importante variable est l'évaluation des menaces. En cas de menaces crédibles, les coûts vont augmenter substantiellement, selon M. Mathers.
Quand M. Harper a visité un magasin d'appareils électroniques dans la région de Toronto, en décembre dernier, pour y faire une annonce, ses gardes du corps ont eu recours à des chiens spécialement dressés pour renifler les sacs des journalistes avant de les laisser assister à l'événement. De telles mesures sont habituellement employées quand M. Harper se rend à l'étranger.
M. Mathers estime qu'il y a probablement eu une menace crédible contre le premier ministre. Plusieurs Canadiens ne le réalisent pas mais il y a toujours des menaces contre le premier ministre, assure M. Mathers.
Un complot visant notamment à décapiter le premier ministre avait été dévoilé à la suite de l'arrestation de 18 personnes, dont des mineurs, dans la région de Toronto à l'été 2006.
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