Concertation-Femme a rendu hommage à des femmes oeuvrant dans l’arrondissement, qui ont à cœur «l’égalité pour toutes». (Photo: Jacques Pharand)
Reconnaissance pour huit femmes d’exception
> Simon Letendre
Lors d’un souper tenu le 5 mars, l’organisme Concertation-Femme a rendu hommage à quatre femmes immigrantes monoparentales qui ont réussi à se tailler une place dans la société québécoise et à quatre intervenantes de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville ayant à cœur l’égalité pour toutes.
L’événement visait aussi à souligner la Journée internationale des femmes, qui avait lieu la même semaine. La soirée a débuté avec un mot de bienvenue de la directrice de Concertation-Femme, Maysoun Faouri. Dans son allocution, Mme Faouri a déploré que l’immigration soit trop souvent associée à un «paquet de problèmes», faisant référence au débat sur les accommodements raisonnables. En réaction à cela, l’organisme qu’elle dirige a voulu reconnaître le succès de femmes qui sont devenues parfaitement autonomes dans leur société d’accueil après avoir surmonté toutes sortes de difficultés, ainsi que d’autres femmes qui se sont démarquées par leur implication auprès de ces dernières.
Quatre sources d’inspiration
Bien que venant d’horizons différents, Soha Al Dabbagh, Mina Islahen, Vina Patel et Helena Safrova ont plusieurs points en commun. Elles sont toutes mères monoparentales. Elles étaient toutes diplômées dans leur pays d’origine. Elles ont toutes eu à apprendre le français à leur arrivée ici. Elles ont toutes trouvé le courage de retourner aux études et d’obtenir un nouveau diplôme.
Aujourd’hui, elles détiennent toutes un emploi permanent qui leur permet de faire vivre leur famille. C’est le cas de Soha Al Dabbagh, mère de trois enfants, qui avait un bac en psychologie dans sa Syrie natale. Incapable de trouver un emploi dans son domaine, elle a réussi à surmonter la barrière linguistique et à compléter un certificat en éducation en service de garde. Aujourd’hui, elle travaille au CPE Bonbon tout en continuant à s’impliquer à Concertation-Femme, qu’elle considère comme sa première maison québécoise.
L’histoire de Vina Patel est similaire. Originaire de l’Inde, elle a suivi des cours de français chez Concertation-Femme avant et après la naissance de ses deux filles, ce qui lui a permis d’obtenir une attestation d’études collégiales comme programmeur-analyste au Collège Rosemont. Depuis 2002, elle travaille pour CSI Canada comme commis en documentation et au service à la clientèle.
Quatre exemples d’implication
Ce qui unit Colette Boudrias, Lise Labelle, Anca Niculicioiu et Marie-France Paradis, c’est leur engagement auprès des femmes d’Ahuntsic-Cartierville. Chacune à leur manière, elles ont fait une différence dans leur milieu, ce qui leur a valu d’être récompensé par Concertation-Femme.
Par exemple, Mme Niculicioiu travaille au Cartier Émilie depuis 2000. Maintenant coordonnatrice de ce centre d’entraide, elle a mis sur pied plusieurs projets destinés à la clientèle féminine. D’après elle, il est important de s’impliquer auprès des femmes immigrantes parce qu’elles sont souvent plus vulnérables que les hommes à leur arrivée dans leur nouveau pays.
Pour sa part, Marie-France Paradis a beaucoup appris des femmes qu’elle a côtoyées depuis qu’elle a commencé à travailler à La Corbeille il y a six ans. Persévérance, importance de la famille et esprit de sacrifice: voilà des valeurs qu’elle partage avec elles et qui l’aident à trouver la motivation pour continuer à s’impliquer dans le communautaire. Bravo à toutes ces femmes d’exception!