La romancière cartiervilloise Élizabeth Filion vient de publier son quatrième livre, De la part de Laura. (Photo: Éléanor Le Gresley)
(Photo: Courtoisie)
Des lettres de la part de Laura
On ne vient pas au monde le jour de sa naissance, mais à partir du moment où quelqu’un nous désire, dit Élizabeth Filion dans son nouveau roman De la part de Laura, en librairie depuis le 20 septembre. Ce huis clos entre un fils et sa mère mourante revisite les thèmes de la vie, de l’amour et du deuil.
Élizabeth Filion a écrit ce livre à la suite de la mort de son père. «Quand mon père est décédé, en 2002, j’ai réalisé que je ne l’avais pas connu. J’ai connu mon père, mais pas l’homme qu’il a été. C’est comme s’il était parti avec une partie de moi à laquelle je n’aurai jamais accès», indique l’auteure et résidante de Cartierville.
Pour dissiper sa tristesse, l’auteure, qui signe son quatrième roman, s’est imaginé que son père lui avait écrit. «Si quelqu’un écrit à tous les jours, on arriverait plus précisément à voir les grands événements qui marquent la vie».
Dans le roman d’Élizabeth Filion, Laura, une femme excessive et passionnée, prend forme. À la veille des 30 ans de son fils Benoit, celle-ci lui remet 30 lettres témoignant de son vécu. En lisant ces missives, Benoit repense aux souvenirs qu’il a de sa mère. Il se met alors à voir la vie complètement différemment.
«Il n’y a presque rien qui est comme il pensait. C’est un peu comme quand on retourne dans un gymnase où on allait quand on était petit et qu’on se dit qu’il n’est finalement pas si grand que ça.»
Cette histoire, qui se déroule seulement pendant trois jours, est d’une facture totalement différente de la précédente publication de l’auteure, une imposante saga historique en deux volumes intitulée La femme de la fontaine.
«Laura m’a permis de me décaler du roman historique et de montrer que je suis capable d’une écriture complètement différente. Dans De la part de Laura, on entre dans l’univers des personnages pour voir leur monde intérieur.»
Le personnage de Laura est très attirant, intriguant même, car il s’agit d’un genre de personne rare à Montréal. On pourrait la comparer à une personnalité masculine comme Emmett Johns (Pops). À sa façon, elle vient en aide aux jeunes dans la rue.
Écrire pour dénoncer
Dans De la part de Laura, l’auteure dénonce la mode des psychothérapies. «Toutes ces thérapies nous amènent à papa et à maman. Ça me révolte qu’on reste toujours accroché à: ‘’Si je ne fais pas ça, c’est parce qu’il m’est arrivé ceci dans mon enfance’’. Bien sûr les événements marquent, mais ça nous construit aussi.»
Élizabeth Filion est exigeante envers elle-même et les autres écrivains. «Si je n’ai pas envie de me lire, qui va avoir envie de le faire?», explique-t-elle, la tête pleine d’idées.
L’auteure est membre du conseil d’administration de la Fédération québécoise du loisir littéraire (FQLL). Elle y donne de multiples ateliers.
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