On reconnaît la mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay. (Photo : Jacques Pharand)
Les Places L’Acadie et Henri-Bourassa finalement vendues
Depuis le temps qu’on en parlait, c’est finalement chose faite : les édifices insalubres des Places L’Acadie et Henri-Bourassa (PAHB) sont vendus. Le Groupe Tyron en a fait l’acquisition pour la somme de 14,8 millions de dollars, a-t-on appris mercredi.
Le projet immobilier qui sera développé sur le site reste encore à définir. Toutefois, l’hypothèse fortement envisagée est que le Groupe Tyron procède à la démolition totale des immeubles, dont six sont déjà barricadés, et y construise à la place 1200 logements répartis dans quatre ensembles immobiliers. C’est deux fois plus que la capacité actuelle des PAHB.
Ce projet entraînera une relocalisation des 400 résidents. Ces derniers doivent s’attendre à devoir quitter leur logement à compter du 1er mai, affirme la mairesse de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin. Elle ne peut cependant donner plus de précision sur les échéanciers, puisque les plans de construction ne lui ont pas encore été présentés.
Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, garantit que «le nouveau projet comprendra suffisamment d’unités de logement social pour permettre le retour de tous les locataires actuels qui souhaiteront revenir vivre dans des logements neufs et correspondant à leurs besoins». C’est ce type d’habitation qui sera d’ailleurs construit en priorité, promet M. Tremblay, qui avance le nombre de 250 logements sociaux.
«Afin de nous assurer que les locataires ne demeurent pas plus longtemps dans des conditions d’insalubrité extrêmes, le Groupe Tyron s’engage à évaluer, avec les gens sur place, les besoins plus pressants et à procéder aux réparations urgentes au cours des prochaines semaines», mentionne le responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, Cosmo Maciocia. Ce dernier entend «travailler en étroite collaboration avec l’organisme Places en mouvement à l’élaboration du projet de revitalisation».
M. Maciocia souligne par ailleurs que la vente des PAHB n’entraînera pas l’abandon des opérations d’inspection menées par l’arrondissement et la Ville. Selon lui, les quelque 1000 constats d’infraction qui ont été émis à l’endroit de l’ex-propriétaire, Sadok Sagman, auraient eu un impact majeur sur sa décision de se départir de ses immeubles.
Des réactions
«C’est un grand jour pour les résidents des Places L’Acadie et Henri-Bourassa», a déclaré la mairesse Beaudoin. La conseillère de Bordeaux-Cartierville et chef de l’Opposition officielle, Noushig Eloyan, se réjouit elle aussi que les efforts conjugués des dernières années aient enfin donné des résultats. «C’est la pression que nous avons mise depuis des années qui a fini par faire craquer le propriétaire et l’a amené à vendre à un prix plus raisonnable», a-t-elle indiqué. Mme Eloyan a rappelé que le propriétaire demandait 32 millions de dollars, il y a quelques années. La coordonnatrice du comité logement d’Ahuntsic-Cartierville, Dominique Perreault, trouve pour sa part que M. Sagman s’en tire à trop bon compte. «Il s’en sauve avec 15 millions de dollars même s’il a fait subir les pires atrocités aux locataires pendant des années», déplore-t-elle.
Si Noushig Eloyan est optimiste que le nouveau promoteur proposera un concept qui sera à la hauteur des attentes, elle s’interroge toutefois sur la façon de gérer l’attribution des logements sociaux qui y seront construits. «On sait que de très nombreux citoyens de l’arrondissement sont en attente d’un logement social depuis quelquefois près de dix ans. On devra tenir compte des besoins pressants de tous les groupes et proposer un équilibre dans le partage.»