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Fin du projet éco-auto

Benoit Charette par Benoit Charette
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Article mis en ligne le 15 avril 2008 à 11:29
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Fin du projet éco-auto
Fin du projet éco-auto
Un projet voué à l’échec
C’est dans la plus grande improvisation que le gouvernement fédéral avait introduit le 20 mars 2007 un programme de rabais pour les gens qui faisaient l’achat de véhicules plus verts, et encore le mot est fort. Le programme de remise écoAuto offrira donc jusqu'à la fin de l'année 2008 une remise à l'achat de 1000 à 2000 $ pour les personnes qui achètent ou louent à long terme des voitures neuves consommant moins de 6,5 L/100 km, des camions légers neufs qui font moins de 8,3 L/100 km de même que des véhicules neufs «polycarburants» (c'est-à-dire qui peuvent carburer à l'essence ou à l'éthanol) dont la consommation est en dessous de 13 L/100 km.
Le gouvernement fédéral dit avoir reçu pas moins de 13 000 demandes d'admissibilité au programme écoAuto, dès le premier mois de sa mise en application. À la fin de l’année 2007, aucune demande de remboursement n’avaient encore été traité, 8 mois après le début du programme.Et le gouvernement ne semblait pas presser de traiter ces dossiers: les chèques seraient à la poste. Le programme, instauré le 20 mars dernier, a été critiqué en raison de la lenteur avec lequel il a été mis en place. Le ministère fédéral des Transports n'a commencé à accepter les demandes qu'à compter du 1er octobre dernier.
Un porte-parole de l'organisme ne pouvait dire sur le volume des demandes _ plus de 400 par jour en moyenne tout au long du mois _ était plus ou moins important que ce à quoi s'attendait le ministère.
Ce programme ciblé est arrivé sans crier et est reparti aussi vite. On disait que ce programme allait à l’encontre des trois grands de l’auto (GM, Ford et Chrysler) et qu’il allait favoriser des véhicules importés. Bref, il y avait toute une série de critiques sur ces mesures et, finalement, la mesure part dans la discrétion. Le gouvernement voulait avec ce programme réduire l’impact environnemental et a accordé des rabais à tout ce qui ressemblait à une voiture verte sans faire ses devoirs. Parmi les modèles polycarburants admissibles à une remise de 1000 $, on trouve la Chevrolet Impala (moteur V6 de 3,5L ou de 3,9L), la berline Chrysler Sebring FFV (moteur V6 de 2,7L) et la Dodge Avenger FFV (moteur V6 de 2,7L). Le hic, c'est que ces quatre véhicules sont loin d'être moins polluants que la moyenne... et qu'il est impossible de trouver pour l'instant une station d'essence qui vend de l'éthanol E85 au Québec. L'inclusion de ces quatre modèles sur une liste de véhicules jugés moins nocifs pour l'environnement est une façon pour les constructeurs concernés d'avoir l'air consciencieux par rapport à l'environnement, mais c’est de la poudre aux yeux et le gouvernement a fait une grave erreur. Pour réellement réduire l’impact environnemental des véhicules, il faut un ensemble de mesures, et non seulement des rabais ciblés. En plus d’incitatifs, il faut aussi miser sur la recherche et le développement pour trouver des solutions techniques comme encourager le covoiturage. Je pense que le gouvernement fait une erreur de retirer ce programme. Il faudrait l’ajuster pour réellement viser les voitures qui consomment peu et tant pis si les constructeurs américains ne sont pas favorisés, croyez-moi avec une mesure qui deviendrait permanente, vous verriez que les constructeurs pourraient s, ajuster rapidement à la situation
Le ministre des Transports et député du Pontiac, Lawrence Cannon, a expliqué de son côté que la fin du programme écoAuto était prévue et que ce programme a eu un impact. «Nous l’avions dit qu’il s’agissait d’un programme de 160 millions $ sur deux ans. On a constaté que de plus en plus de consommateurs et de manufacturiers mettent à la disposition des clients de plus petits véhicules.» Le fédéral compte par ailleurs adopter, d’ici la fin de l’année, des mesures plus contraignantes sur la consommation d’essence, a ajouté M. Cannon.
Ce qu’il faut comprendre dans cette déclaration du ministre Cannon, c’est que le Fédéral est frileux et ne veut pas se commettre à long terme et le Canada n’adoptera pas de mesures contraignantes sur la consommation d’essence, elle va simplement calquer ses mesures sur celles que le gouvernement américain a adoptées le 18 décembre 2007. Les constructeurs devront réduire d’environ 40 % la consommation d’essence des voitures et autres petits véhicules lourds d’ici à 2020. Pour les véhicules légers, la norme de consommation doit ainsi passer à 6,8 litres aux 100 kilomètres en 2020, contre 8,6 litres aux 100 kilomètres actuellement. Il est dommage de constater que le Canada qui avait tracé la marche à suivre en matière d’environnement se retrouve maintenant à la remorque de notre voisin américain qui est probablement le pire exemple à suivre en la matière. Sans volonté politique ferme, le monde de l ‘automobile ne s’auto gèrera jamais. Les mesures volontaires pour mieux respecter l’environnement relève de l’utopie. Si on ne met pas un fusil sur la tempe des constructeurs automobiles, il ne se passera rien, qu’ont se le dise.
ToyotaYaris2008
Benoit Charette est co-propriétaire et rédacteur en chef de l’Annuel de l’Automobile 2008(annuelauto.com). Il anime également l’émission En Voiture tous les Samedi à 16 :00 sur les ondes du 98,5 FM de Montréal ou via internet au www.985fm.ca
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