Les élèves de 5e et 6e année ont assisté le 11 février à un conte issu de la tradition africaine, raconté par Mamie Henriette. (Photo: Courtoisie)
Conter fleurette
Plus qu’un divertissement, le conte est un moyen de créer ou de réaffirmer un lien avec une tradition - la sienne ou celle des autres, Dans Ahuntsic-Cartierville, une centaine d’enfants de 5e et 6e année sont appelés à se familiariser avec cette pratique narrative, non seulement comme spectateurs, mais comme conteurs.
L’école Louisbourg, située sur la rue Michel-Sarrazin, de même que l’école Saint-Benoît de Ahuntsic, participent pour la première année au projet Contes en ligne. Le projet permettra aux élèves participants d’assister à des séances de contes, de recevoir une formation en art oratoire de la part de conteurs, et, finalement, de prendre la parole à leur tour.
Trois conteurs, issus des traditions africaine, maghrébine/acadienne et québécoise du grand Nord, recevront les enfants dans les bibliothèques du quartier. «On souhaite favoriser le contact entre les artistes et un public normalement plus difficile à atteindre», explique Mireille Cliche, chef de section pour les bibliothèques à l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville.
La formation en art oratoire permettra ensuite aux jeunes de travailler leur voix, et d’apprendre à raconter leurs propres histoires. «Ça permettra de travailler l’estime de soi des élèves», croit Mme Cliche. Au printemps, un spectacle à la maison de la culture mettra sur la scène les conteurs et les élèves ayant reçu la formation.
Enfin, on compte enregistrer des histoires racontées par ces enfants afin de les rendre disponibles au grand public dès l’été, via le système de réception téléphonique des bibliothèques du quartier. «Sur le message de réception, il y aura une option qui permettra d’écouter les contes des jeunes, lus en français ou dans une autre langue», annonce Mme Cliche. Les contes seront par la suite disponibles sur les ordinateurs des bibliothèques.
D’après Mme Cliche, on a choisi les écoles Saint-Benoit et Louisbourg car on cherchait des milieux très multiculturels pour implanter le projet. «Chez les nouveaux immigrants, c’est souvent l’enfant qui fait le lien entre les institutions et les parents. C’est donc une façon d’impliquer les familles», commente Mme Cliche, en précisant que l’on souhaite recueillir des récits de différentes traditions orales en puisant dans l’héritage familial de chaque enfant.
Quant au choix des 5e et 6e années, Mme Cliche croit qu’il s’agit là d’années charnières, qui permettent de développer la curiosité des préadolescents à un âge où les intérêts de l’enfance s’étiolent.
Le projet est financé à hauteur de 15 000$ par le Programme de médiation culturelle, créé en collaboration par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. 10 000$ seront également versés au projet d’initiation à la culture québécoise, piloté par Concertation Femmes (un article de notre prochaine édition permettra d’en savoir plus sur ce sujet).
«L’idée générale de ces projets est de favoriser la rencontre entre le grand public et la culture, résume Mme Cliche. Ce sont de belles formules qui permettent aux gens de participer à plusieurs niveaux, de mélanger plusieurs intervenants et de rapprocher la culture des gens.»
«On souhaite favoriser le contact entre les artistes et un public normalement plus difficile à atteindre.»
- Mireille Cliche, chef de section pour les bibliothèques d’Ahuntsic-Cartierville