C’est un balcon comme celui-ci, mal en point et en manque de réparations, qui s’est effondré à Place l’Acadie jeudi dernier. (Photo: Archives)
Un balcon s’écroule à Place l’Acadie
S’il fallait encore une preuve du besoin criant de rénovations qui règne à Place l’Acadie, elle est venue jeudi vers 15 heures lorsqu’un balcon s’est effondré. L’incident n’a heureusement pas fait de blessés, mais il ravive le sentiment d’urgence qui anime les locataires militant pour l’expropriation du propriétaire.
Mohamed Zaatiti était parti chercher son courrier lorsqu’il a entendu un bruit sourd venant de son logement. Par chance, personne ne se trouvait sur son balcon au moment où il s’est écroulé, ni sur le balcon de l’étage du dessous, où le sien a atterri. D’après Catherine Chesnay de l’organisme Places en mouvement, la neige et la glace du balcon de l’appartement inoccupé du troisième étage sont tombées sur celui du deuxième et l’ont fait flancher.
«Les années de négligence ont affaibli la portance du bois. Il était devenu complètement pourri», affirme Jacques Perrault, du Comité des résidents des Places. Selon lui, le chauffage excessif de cet immeuble a causé la formation d’énormes glaçons qui, puisque personne ne les a enlevés, ont fini par peser lourd et provoquer cet incident.
Sans la venue des médias, alertés par les résidents, le propriétaire n’aurait pas réagi, croit M. Perrault. «Quand les journalistes sont présents, ils [le propriétaire et les concierges] essaient de montrer qu’il veulent régler les problèmes», dit-il. Mais la plupart des immeubles à logement restent en mauvaise condition, et, d’après M. Perrault, plusieurs balcons sont dans un état similaire à celui qui s’est effondré la semaine dernière. La Ville a d’ailleurs émis un avis dans l’immeuble de M. Zaatiti, pour prévenir que des inspecteurs y examineraient chaque balcon.
Le résident garde quand même espoir, puisqu’avec ses voisins, il se rendra mercredi à la Régie du logement où le propriétaire des Places devra faire face à plusieurs constats d’infraction. «On attend beaucoup de cette comparution-là. Les Places pourraient devenir un milieu agréable si on pouvait régler les problèmes», déclare-t-il.
Régler les problèmes, pour M. Perrault, cela signifierait exproprier le propriétaire. «Tant qu’on essaie de changer les choses au cas par cas, on reste dans une guérilla qui avance peu», estime-t-il.
Encore tout récemment, des manœuvres d’intimidation de la part du propriétaire ont été rapportées, alors que circulent des rumeurs voulant que ce dernier veuille se débarrasser de tous les locataires avant le printemps afin de «raser les Places». «Il ne peut pas faire ça, martèle M. Perrault. Mais ça prend plus d’implication politique pour mettre un terme à ce comportement. Les choses bougent encore trop lentement pour les gens qui vivent l’abus quotidiennement.»