Tribune libre
Madame Beaudoin,
De nombreux citoyens d’Ahuntsic-Cartierville ne sont pas au fait de la gravité des problèmes qui minent la gestion de leur arrondissement; c’est pourquoi l’Association des citoyens d’Ahuntsic-Cartierville désire donner l’heure juste.
Madame, vous et votre administration avez pris des décisions politiques importantes en refusant de consulter les citoyens alors qu’ils le demandaient. Que ce soit le déménagement de la mairie d’arrondissement au coût de 20 millions $, l’annulation de contrats de déneigement ou de réfection d’un immeuble public, ou le bris d’un bail commercial de 1,5 millions $, les citoyens s’interrogent sur les véritables motifs de ces décisions.
Pour ce qui est de votre vision d’avenir de l’arrondissement, nous demeurons perplexes devant vo-tre choix de dépenser en une seule année, en 2008, l’argent que la Ville centre a octroyé pour les immobilisations de l’arrondissement pour la période 2008-2010. Il devient de plus en plus difficile d’identifier les intérêts des citoyens dans vos décisions.
Sur le plan administratif, votre style est tout aussi préoccupant. En deux ans, vous avez remplacé le directeur général; le directeur des travaux publics et son adjoint; le directeur de la culture; et le commissaire industriel par vos amis ou vos anciens collègues, comme vous l’avez dit vous-même. À cette liste, nous ajouterons le directeur des ressources humaines que vous venez de virer. En 2008, vous allez créer deux nouveaux postes pour votre bureau du développement durable. Est-ce qu’avoir déjà été complice avec vous sera le critère d’embauche pour ces postes? Notez que ces deux postes sont pourvus d’une sécurité d’emploi. Plusieurs millions de dollars ont été dépensés déjà et des employés compétents ont cédé leur place sans motifs valables.
Vous nous dites sans cesse que ces décisions étaient éclairées, réfléchies et qu’elles étaient les meil-leures à prendre. Madame, il faudra plus que des paroles pour nous convaincre. Vous cachez les te-nants et aboutissants de ces décisions. Pour avoir accès aux documents administratifs de l’arrondissement, il faut faire appel soit à l’opposition, soit aux médias. Jusqu’à présent, vous refu-sez de vous conformer à la loi sur l’accès à l’information en multipliant les délais et les embûches. Vous négligez votre devoir de servir les citoyens. Le 3 décembre dernier, vous annonciez la tenue d’un chantier de six mois sur la réforme démocratique dans l’arrondissement. Quelle crédibilité pouvons-nous accorder à votre intention?
Vous nous avez martelés que tout est fait «dans les règles de l’art». C’est votre art, madame, ce sont vos règles que vous appliquez. Votre parti siège à huis clos au comité exécutif dont vous faites par-tie, et les citoyens n’ont aucun droit de regard sur vos décisions. Ils ne peuvent pas comprendre cel-les-ci avant de les appuyer ou non. Votre caucus, au conseil d’arrondissement, est fermé au monde extérieur. Lors d’une rencontre que nous avons eue avec le maire Gérald Tremblay, celui-ci a convenu qu’il fallait appliquer des règles plus strictes pour la tenue des séances des conseils d’arrondissement.
Généralement, le citoyen ordinaire ferme les yeux sur certains accrocs commis par ses dirigeants en se disant qu’en politique il est courant de récompenser ses alliés. Cependant, cette règle tacite n’est pas sans limite. Il y a un seuil de tolérance, au-delà duquel le citoyen s’indigne, sort de sa maison et demande des comptes.
La confiance des citoyens envers votre administration a été gravement ébranlée. De toutes les per-sonnes qui sont venues aux conseils d’arrondissement dernièrement, aucune n’est dupe de votre ap-parent contentement. Maintenant, il faut dire toute la vérité. Madame, vous devez nous prouver, sans détour et avec documents complets à l’appui, que vos décisions ne sont pas opportunistes. Nous voulons être assurés que les personnes que vous avez embauchées l’ont été avec respect des personnes qu’elles remplacent et avec impartialité et équité. Nous demandons également une totale transparence dans les dossiers du déménagement de la mairie et de la gestion financière de l’arrondissement.
Jean Beaudet, Pierre-Léo Bourbonnais, Christine Dolbec, Stéphane Mélançon, Martial Mo-rissette, Normand Parisien, Janine Renaud, Catherine Sacchitelle