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Un quotidien essentiellement harmonieux

Dépôt du mémoire de la CSMB à la commission Bouchard-Taylor

Marie-Claude Simard par Marie-Claude Simard
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Article mis en ligne le 30 novembre 2007 à 17:51
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Un quotidien essentiellement harmonieux
Louise Chénart, directrice de la polyvalente Saint-Laurent, Yves Sylvain, directeur général de la CSMB et Me Alain Gauthier, secrétaire général ont présenté leur mémoire à la commission Bouchard-Taylor cette semaine. (Photo: Jacques Pharand)
Un quotidien essentiellement harmonieux
Dépôt du mémoire de la CSMB à la commission Bouchard-Taylor
Le directeur général de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Yves Sylvain, a déposé un mémoire au nom de l’organisation devant la Commission Bouchard-Taylor, mardi le 27 novembre. Blâmant l’hypermédiatisation de quelques cas isolés, le gestionnaire est venu témoigner d’un quotidien essentiellement harmonieux.
«Quelle était cette histoire de fourchette qui vous a causé tant de mal?», lui a demandé le commissaire Gérard Bouchard, après la présentation du mémoire. «Il s’agissait d’un qui pro quo interculturel et linguistique, plutôt que d’un accommodement», a répondu le directeur général, avare de commentaires sur cette affaire. Rappelons qu'en avril 2006, la CSMB a été sur la sellette à la suite d'un imbroglio entre une mère d'un élève d'origine philippine et le personnel de l’école Lalande à propos de l’utilisation des ustensiles de table, et qui a dégénéré en manifestation devant le consulat canadien à Manille.

Maître Alain Gauthier, secrétaire général de la CSMB, et Louise Chénart, directrice de la polyvalente Saint-Laurent, établissement scolaire où 92 % des 1800 élèves proviennent de communautés diversifiées, ont accompagné le directeur général devant la commission. La directrice a d'ailleurs signifié aux commissaires que l’augmentation de l’immigration dans l’Ouest-de-l’île était «spectaculaire».

Yves Sylvain a pour sa part affirmé que le quotidien harmonieux des 45 000 élèves et 12 000 employés, répartis dans 87 établissements, s’est trouvé occulté par quelques cas fortement médiatisés. Il a poursuivi en déclarant que pour l’ensemble de la CSMB, seule une vingtaine de demandes de nature religieuse est référée aux services juridiques de la CSMB, et que seulement deux ou trois conduisent à des démarches juridiques d’accommodement raisonnable. Le directeur précise qu’il ne s’agit pas de cas présentés devant les tribunaux, mais de situations où le demandeur fait une demande formelle par écrit, en établissant l’existence de la pratique religieuse en jeu, la sincérité de sa croyance et la manière dont la règle en place nuit à cette pratique. Une analyse rigoureuse suit le dépôt de la requête et occasionnellement, la direction doit se référer à la charte des droits et liberté pour trancher.

«Vous dites que ça va bien, mais qu’il reste du progrès à faire. Qu’entendez-vous par cela?», a demandé le commissaire.

«Ça nous aiderait si le gouvernement québécois campait de façon plus explicite les valeurs et principes de la société québécoise… Ça aiderait à objectiver certaines demandes d’accommodement», a répondu M. Sylvain. Le directeur général poursuit en affirmant que certains cas désormais célèbres auraient pris une tout autre tournure si le cadre législatif entourant le traitement des demandes d’accommodement était plus clair.

Le commissaire Bouchard a soulevé que le critère d’intégration semblait être dominant dans l’évaluation des demandes, et que les accommodements ne semblaient pas avoir un effet de marginalisation dans les établissements de la CSMB. «Nous croyons qu’en accommodant, nous favorisons l’intégration des élèves», a déclaré le directeur.
Syndicat de l’enseignement de l’Ouest (SEOM)
D'autre part, dans le mémoire déposé lundi le 26 novembre, les enseignants du SEOM ont clairement signifié que c’est en grande partie sur leurs épaules que repose la lourde responsabilité d’harmonisation culturelle. Dans sa présentation, la présidente, Andrée Aubut, a affirmé que la décision d’accorder ou non un accommodement ne relevait pas des professeurs, mais que ces derniers devaient toutefois être associés à la démarche afin de s’assurer que la décision ne porte pas entrave à leur travail en classe. Sur un ton qui traduit l’urgence d’agir, le SEOM demande des règles plus claires pour alléger la tâche des intervenants de première ligne.

(Photo: Jacques Pharand)
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