Le conseil d'arrondissement de Saint-Laurent est composé dans sa moitié d'élus issus de l'immigration.
(Photo: Archives)
Ces élus venus d'ailleurs
La politique est affaire de représentativité. Cela est particulièrement évident à Saint-Laurent, où l'on retrouve une proportion non négligeable des membres du conseil d'arrondissement est issue de l'immigration. Qu'il s'agisse du maire Alan DeSousa, des conseillers Maurice Cohen ou Patricia Bittar, l'équipe politique en place, constitue un reflet plutôt fidèle des administrés.
Au sein du conseil d'arrondissement, on les appelle «le vieux couple». Maurice Cohen et Michèle D. Biron constituent la mémoire politique de Saint-Laurent, puisque récemment célébrés pour leurs 25 ans d'occupation de poste. De véritables noces d'argent… qui démontrent également que le caractère bicéphale des administrés.
En effet, Maurice Cohen constitue un modèle d'intégration et de réussite, ayant toujours endossé sa cape de bâtisseur. Arrivé au Canada en 1964, en provenance du Maroc, il évoque des premiers pas qui le mèneront vers son bureau de conseiller: «Venu rejoindre des membres de ma famille à Montréal, j'ai reçu dans un premier temps le soutien de la communauté juive francophone. De là, tranquillement, je me suis bâti, participant à la fondation de nombreuses institutions, écoles comme édifices religieux à Saint-Laurent». Un cheminement qui prouve que les échelons ne sont pas insurmontables pour les gens d'ailleurs: quand M. Cohen a mis les pieds la première fois au Québec, il avait l'équivalent de 5$ dans les poches… Après avoir exercé son métier de coiffeur, le voilà, des années plus tard, aux côtés de Bill Clinton au cours d'un souper!
«Nous vivons dans un endroit formidable, où il y a peu de barrières, juge-t-il. Celui qui met la main à la pâte peut réussir.»
Maurice Cohen estime également que «l'immigration est un apport, autant pour l'arrondissement que pour le pays lui-même. Les facilités pour l'intégration sont en place, mais il faut que le provincial contrôle la maîtrise du français des immigrants».
ST:Un conseil hétérogène
L'équipe politique en place à Saint-Laurent tente de représenter la population dans sa diversité. Ce qui n'est pas chose aisée, lorsque plus de 160 ethnies se côtoient dans l'arrondissement.
«Le choix d'une équipe de conseillers diversifiée a été fait à l'issue des élections, pour qu'elle reflète la population le plus fidèlement possible, en sachant très bien que l'on ne peut pas représenter toutes les communautés sur notre territoire, indique le maire Alan DeSousa, lui-même arrivé à Montréal à l'âge de 13 ans. «Il ne s'agit pas seulement d'être représentatif de la population. Nous avons cherché des gens capables de ne pas rester prisonniers de leurs racines, de faire les liens et de bâtir les ponts avec les autres communautés».
Une situation qui n'a pas toujours constante au cours du passé, où le visage de Saint-Laurent n'est pas le même, pas plus que le système d'administration. «On a vu une évolution, se rappelle M. DeSousa, mais avec un conseil plus petit que par les années passées, c'est plus difficile de composer. Il faut choisir minutieusement son entourage. Cependant, on ne peut pas seulement baser les critères sur les origines, car il est primordial de choisir la meilleure personne surtout en termes de compétences.
Le maire de Saint-Laurent a lui aussi connu le cheminement de l'adaptation, ayant passé le premier tiers de sa vie dans son pays natal. Comme Maurice Cohen, il affirme que ses origines n'ont jamais constitué un frein pour sa carrière, ni, au contraire, un argument électoral.
«En politique, ce n'est jamais facile, mais jamais je n'ai rencontré de problèmes, les gens de la communauté ont toujours été respectueux. D'ailleurs, je n'ai jamais mis mes origines comme enjeu, mais plutôt mes compétences et mes résultats.»
Difficile, en outre, d'édicter une politique qui vise à satisfaire l'ensemble des communautés laurentiennes. En cela, les projets et orientations soutenues se veulent rassembleurs, pour fédérer autour du bien commun.
«C'est comme une équipe de sport. Regardez nos équipes locales de hockey, de soccer ou de ringuette: une grande partie d'entre eux viennent d'ailleurs, mais ils travaillent tous pour le même but.»
Qu'il s'agisse de politique, de sport ou d'économie, les exemples de réussite foisonnent, même si des tours de poignet sont indispensables pour parvenir à prendre l'ascenseur social.
(Photo: Archives)
(Photos: Sylvain Sarrazin)
(Photo: Sylvain Sarrazin)