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Cinq immeubles de Place Henri-Bourassa menacés d’être condamnés

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Article mis en ligne le 22 novembre 2007 à 16:55
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Cinq immeubles de Place Henri-Bourassa menacés d’être condamnés
Depuis le début du mois, des avis placardés dans cinq immeubles de la Place Henri-Bourassa intiment aux locataires de quitter les lieux. (Photo: Jacques Pharand)
Cinq immeubles de Place Henri-Bourassa menacés d’être condamnés
Faisant fi des règles dictées par le code du logement, le controversé propriétaire des Places Henri-Bourassa et l’Acadie a placardé dans cinq de ses immeubles des affiches indiquant leur condamnation prochaine. Une trentaine de ménages sont affectés par cet avis, et certains ont déjà commencé à plier bagage.
Les immeubles situés au 2040, 2050, 2060, 2070 et 2100, place Henri-Bourassa, risquent de s’ajouter aux trois immeubles déserts de Place l’Acadie. Le propriétaire du complexe d’habitation a en effet, au début du mois de novembre, annoncé son intention de condamner ces édifices. Pour ce faire, il a laissé aux locataires un délai d’un mois pour quitter leurs appartements.

En plus de ne pas respecter le délai de six mois prescrit par la Régie du logement, le propriétaire, selon un communiqué de l’organisme Places en mouvement, «n’offre pas d’alternative convenable aux familles qui sont supposées déménager.»

En outre, selon le porte-parole du comité des résidents, Patrick Marcoux, sans afficher d’avis formel, des représentants du propriétaire sont passés dans au moins un autre des 21 édifices pour inciter les locataires à partir. «Le propriétaire semble vouloir vider les blocs pour lesquels la banque Laurentienne saisit les loyers», croit M. Marcoux. En effet, rapporte-t-il, suite à un défaut de paiement de l’hypothèque, la banque saisit les loyers de certains immeubles depuis décembre 2005.
L’offensive continue
Toujours selon le communiqué de Places en mouvement, «aucune autorité municipale ou autre n’a demandé à ce que ces bâtiments soient condamnés.» Rappelons que, depuis un an, la Ville de Montréal mène une offensive contre le propriétaire des Places afin qu’il corrige les problèmes affectant ses immeubles. Le propriétaire est actuellement en cour. La somme de des constats d’infraction qu’il a reçu jusqu’ici totalise un million de dollars, pour des problèmes tels que la présence de vermine, des entorses aux normes de sécurité et la détérioration générale des lieux.
Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a vivement réprouvé l’action du propriétaire, suggérant par voie de communiqué également, que la Ville entreprenne des travaux «en lieu et place de ce propriétaire délinquant.»
Une résidence difficile, une résistance laborieuse
Malgré ces témoignages de protestations, certains locataires ont commencé à rendre les armes. «Beaucoup de locataires sont des immigrants ou ont une situation financière instable. Ce sont des gens qui sont plus sensibles à l’intimidation, d’autant plus qu’ils ne connaissent pas toujours bien leurs droits», explique M. Marcoux.
Dans certains cas, c’est une décision difficile. «Il y a des gens qui sont ici depuis une quinzaine d’années, et qui ont fini par mettre de leur argent pour améliorer leur logement eux-mêmes», rapporte M. Marcoux. Il souligne que le déménagement implique des complications et des coûts pour les résidents des Places, notamment en raison de la nécessité de faire déverminer ses possessions.

Mais des facteurs autres que les demandes du propriétaire ajoutent à la pression qui s’exerce sur certains locataires. Par exemple, l’immeuble situé au 2040, place Henri-Bourassa n’est pas chauffé depuis le début du mois d’octobre. Déjà à moitié habité, l’immeuble est désormais complètement vide.

Le Comité des résidents travaille à informer les gens de leurs droits. Une demande de dépôt de loyer à la Régie du logement (qui éviterait de verser de l’argent au propriétaire délinquant) est en cours. «On est aussi en contact avec des organismes qui seraient peut-être intéressés à acheter des bâtisses pour en faire du logement social», affirme M. Marcoux.

Toutefois, si le Comité aide les gens qui veulent rester, il se doit aussi d’apporter son appui à ceux qui choisissent de quitter, fait remarquer M. Marcoux «On s’assure qu’ils quittent leurs logements dans les règles, pour qu’ils n’aient pas de problème avec le propriétaire après coup», dit-il.

Malgré tout, certains résidents continuent à espérer une victoire, et que les logements soient finalement rénovés et occupés. En effet, comme le précisent les porte-paroles de Places en mouvement, plusieurs locataires des Places sont attachés à leur milieu de vie, et espèrent voir ce dernier se développer et non rétrécir à coup de fermeture d’immeubles.

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