Une des priorités du comité du Comité de revitalisation sera d’évaluer l’état des logements des immeubles de plus de 6 unités du secteur. (Photo: Archives)
Revitalisation du secteur Laurentien/Grenet
Des premiers objectifs bien ficelés
Rendu public au printemps dernier, le plan de revitalisation urbaine intégrée (RUI) du secteur Laurentien/Grenet est officiellement en branle, depuis que le Comité de revitalisation a établi les premières étapes de sa réalisation.
Le secteur de RUI, délimité par les boulevards Laurentien, Gouin et les rues Grenet, de Salaberry, de Tracy, Louisbourg, Michel-Sarrazin, Dudomaine, O’Brien, et la voie ferrée, est marqué par la précarité socio-économique. Pour le revitaliser, les organismes communautaires de Bordeaux-Cartierville, l’arrondissement, le CSSS, la Commission scolaire de Montréal, le poste de quartier 10, la STM, le YMCA et des commerçants et citoyens mettent leurs efforts en commun. Maintenant qu’un plan clair, divisé en cinq grands axes, est sur la table, «les porteurs de dossiers ont préparé leurs plans d’action, et au début de l’hiver, ça va commencer», annonce Nathalie Fortin du Conseil local des intervenants communautaires (CLIC), qui pilote le projet.
Cadre de vie: l’habitation
Le premier objectif de l’axe Cadre de vie sera d’établir l’état des logements dans le secteur de RUI pour les immeubles de 6 unités et plus, qui sont généralement les plus touchés par l’insalubrité. «On veut déterminer quels immeubles sont dans le pire état», explique Mme Fortin.
«Une réflexion est aussi en cours sur le développement d’un plan d’ensemble de l’habitation qui soit respectueux des populations démunies comme des plus à l’aise», ajoute Mme Fortin. Dans cette optique, on se penchera sur la mixité des logements communautaires et privés dans un même voisinage.
Une autre dimension est celle de la sensibilisation et de l’information des locataires. «On va produire un document d’information qui sera traduit en plusieurs langues, qui sera distribué aux intervenants de terrain. Plusieurs d’entre eux sont confrontés à la questions du logement sans avoir la formation pour y répondre», explique Mme Fortin. Des ateliers d’information, et du porte-à-porte avant le 1er juillet sont également prévus.
Cadre de vie: la sécurité et la propreté
Une demande a été déposée auprès de la direction de la santé publique de Montréal (DSP) afin de bénéficier de son programme régional de soutien au développement d’environnements sécuritaires dans les collectivités locales, un programme destiné aux territoires visés par des RUI. «On est toujours en attente de la réponse quand à la demande de fonds dont on a besoin pour évaluer la situation», rapporte Mme Fortin.
Dans le domaine de la propreté, on souhaite conscientiser les propriétaires d’immeubles aux questions environnementales en les incitant à recycler. «On aimerait aussi développer des jardins collectifs, si la population se montre intéressée», ajoute Mme Fortin.
Services à la communauté: transport et santé dans la mire
Le transport communautaire est un des objectifs prioritaires de l’axe «Services à la communauté». «On aimerait faire l’acquisition d’un véhicule qui permettrait de transporter des gens isolés ou à mobilité réduite, ou encore des objets. On est à l’étape de voir ce qui se fait ailleurs et comment ça pourrait s’appliquer ici», affirme Mme Fortin.
La sécurité alimentaire reste également centrale, avec un programme d’activités éducatives pour les citoyens. «La DSP ne soutient plus ce programme, alors le RUI va payer pour continuer ce travail, jugé essentiel», explique Mme Fortin.
La santé mentale constitue aussi une priorité, d’autant plus que, selon Mme Fortin, peu de ressources desservent Bordeaux-Cartierville dans ce domaine. On compte aller chercher davantage de services, et rassembler les outils existant pour former les intervenants de terrain qui doivent parfois composer avec une clientèle aux prises avec la maladie mentale.
Vie de quartier:
L’axe «Vie de quartier» reçoit un bon coup de pouce grâce à des projets mis en branle par l’arrondissement, séparément du RUI. «Les travaux dans les parcs, l’agrandissement et l’ajout de patinoires et l’agrandissement de la bibliothèque de Cartierville vont dans le même sens que plusieurs de nos objectifs», dit Mme Fortin.
De nouvelles activités sportives et culturelles, organisées entre autres par un spécialiste en plein air embauché spécialement dans ce but, seront mises en branle. Un chargé de mobilisation citoyenne a également été engagé au CLIC, afin d’impliquer la population dans la RUI. «Pour l’instant, on n’a pas commencé à pénétrer la population. Ça ne sera pas facile, mais on va mettre le paquet pour aller rejoindre les gens sur le terrain», explique Nathalie Fortin.
Économie et communication.
L’accès aux fruits et légumes frais étant limité dans le secteur de RUI, on veut, avec l’aide de la DSP, développer plus de points de service. «On pourrait avoir des points de services dans le cadre de projets d’économie sociale, d’ici 2 ou 3 ans», estime Mme Fortin. Ce projet s’inscrit dans l’axe «Économie et emploi».
Le dernier axe, «Communication avec les citoyens», traverse les quatre autres. Dans ce cadre, «un comité est en train de regarder tout ce qui existe comme circulation de l’information, soit entre les intervenants, soit à l’intention des citoyens, et d’identifier où sont les lacunes pour pouvoir y remédier», explique Mme Fortin. Dans ce cadre, on souhaite entre autres refaire le site internet du CLIC.
Le défi du financement et de la participation
Si la plupart des organismes communautaires du quartier, de même que l’arrondissement et la ville centre, sont très impliqués dans l’élaboration et la mise sur pied de ces projets, il reste encore, selon Nathalie Fortin, un certain chemin à faire quant à la mobilisation de certains partenaires. En plus des citoyens, les commerces sont parfois difficiles à mobiliser. «La plupart des petits commerçants du secteur tiennent leur commerce à bout de bras. Ils vont embarquer quand le projet va véritablement commencer à les toucher». L’Association de marchands de Cartierville (voir édition du 28 octobre) devrait contribuer à les motiver.
Du côté pécuniaire, si on est en mesure de financer les travaux pour 2007 et 2008, on n’a toujours pas de certitude quant à 2009. «On ne nage pas dans l’argent, c’est certain. Pour l’instant, la Ville, la DSP et Centraide sont nos partenaires. Un des mandats du chargé de projet est justement d’aller chercher d’autres sources de financement», rapporte Mme Fortin.
Cependant, si l’énergie dont font preuve les divers partenaires associés au RUI est représentative de ses chances de réussite, il n’y a rien à craindre quant au futur du secteur Laurentien Grenet.
«Pour l’instant, on n’a pas commencé à pénétrer la population. Ça ne sera pas facile, mais on va mettre le paquet pour aller rejoindre les gens sur le terrain.»
- Nathalie Fortin, coordonnatrice du CLIC