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Courrier Bordeaux-Cartierville
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Quand la religion rassemble

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Article mis en ligne le 2 novembre 2007 à 14:59
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Quand la religion rassemble
Stéphane Dion (à gauche) était présent à l’inauguration de la cathédrale Saint-Sauveur, présidée par le patriarche melkite Grégoire III Laham (au centre). (Photo: Martin Alarie)
Quand la religion rassemble
À l’heure où les accommodements religieux sont au cœur d’âpres débats, les Grecs melkites catholiques de Montréal on réalisé, au cœur de Bordeaux-Cartierville, l’exploit de construire une cathédrale à une époque où les églises deviennent des condos, le tout dans un esprit de collaboration et d’inclusion qui donne à méditer.
La cathédrale Saint-Sauveur, qui se dresse au coin du boulevard l’Acadie et de la rue du Liban, a été inaugurée en grande pompe dimanche dernier, en présence de notables de la scène politique et religieuse. «70 représentants de divers rites religieux, catholiques et orthodoxes sont venus», rapporte Samir Cassab, vice-président du conseil de la paroisse Saint-Sauveur.

Grégoire III Laham, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem, est venu de Syrie pour procéder à la dédicace, soit la bénédiction et l’inauguration de la cathédrale, et célébrer la messe. Le premier ministre Jean Charest et Stéphane Dion, député de Saint-Laurent-Cartierville et chef de l’opposition, étaient également de la partie.
Une histoire toujours vivante
Contrairement à ce que le nom du rite laisse croire, les melkites ne sont pas nécessairement Grecs. Le rite est pratiqué au Moyen-Orient, et la diaspora s’étend sur tous les continents.
À Montréal, la première paroisse Melkite est née en 1891. L’église Saint-Sauveur, située au coin des rues Saint-Denis et Viger, a longtemps été le cœur de la communauté melkite. Mais son éloignement des quartiers où se concentre la communauté melkite (Saint-Laurent, Ahuntsic-Cartierville), et la quantité de réparations nécessaires ont poussé l’éparchie à vendre l’église en 2000 et à louer l’église Notre-Dame-des-Anges pour un temps.

«Monseigneur Coriaty, qui a été notre curé durant 35 ans, voulait depuis longtemps construire un centre communautaire et une église dans le quartier. Il a fait l’acquisition du terrain, et commencé par construire un centre communautaire, puis, tranquillement, on a pu construire la cathédrale qui est attachée au centre communautaire par une entrée commune», raconte M. Cassab.

En raison de l’attachement profond de la communauté envers l’église de la rue Saint-Denis, on a pris soin de conserver certains objets. «La communauté a été baptisée, mariée, a vécu tous ses moments importants dans l’ancienne église. Alors, on a rapatrié les autels, et les vitraux sont exposés dans la cathédrale, pour que le passé s’intègre au futur», commente M. Cassab.
Une architecture rassembleuse
Fidèle au style byzantin, la cathédrale est dominée par une grosse coupole, et deux tourelles surplombent l’entrée. «De l’extérieur, la coupole est recouverte de cuivre pour qu’elle se marie bien avec les toits des églises montréalaises. C’est un clin d’œil aux Québécois, pour dire qu’on est de la même culture», explique Samir Cassab.
Autre clin d’œil: les quatre extrémités de la croix figurant sur la grande fenêtre de verre coloré à l’entrée sont des fleurs de lys, «encore une fois pour montrer qu’on est proche de tout le monde», précise M. Cassab. Des cloches contribueront à rejoindre la communauté, et à «ajouter un peu de vie dans le secteur», croit M. Cassab.

L’extérieur et les colonnes sont faits de pierres importées d’Indiana. L’église peut accueillir 825 personnes, incluant le jubé pour la chorale. À côté du jubé sont aménagées deux chambres pour que les enfants aient une bonne vue. Au sous-sol se trouve un enfeu, petit cimetière pour accueillir les évêques décédés.

Fait remarquable, cet immense bâtiment a été construit en un an seulement. «Dieu merci, on a eu un groupe de professionnels excellent, avec lesquels on n’a rencontré aucun problème», s’exclame M. Cassab.
Partenaires
La réalisation du projet s’est fait grâce à l’appui de donateurs de la paroisse, que M. Cassab surnomme les «bâtisseurs», de l’éparchie, et grâce à l’appui logistique de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville et du Collège de Bois-de-Boulogne. L’archevêché de Montréal et de Longueuil ont aidé à l’obtention des bancs de l’église. «Et il faut souligner le travail inestimable de Monseigneur Ibrahim M. Ibrahim, l’évêque éparchial, qui officiera désormais dans la cathédrale», ajoute M. Cassab.
Des messes en trois langues (français, anglais et arabe) on lieu tous les soirs à 19h et le dimanche à 12h. Une messe en français est aussi célébrée le dimanche à 10h. Les portes de la cathédrale sont ouvertes durant la journée, un horaire fixe sera bientôt disponible.

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