À la demande des propriétaires, l’artiste-graffiteur Memo a réalisé en toute légalité une murale sur un des murs extérieurs du restaurant-bar Dookies situé sur le boulevard Décarie.
(Photo: Jacques Pharand)
Affichage urbain
Dans l’édition du 16 septembre des Nouvelles Saint-Laurent, il était mentionné qu’il n’existait aucun endroit sur le territoire de l’arrondissement où il était légal d’y faire des graffitis. Toutefois, il est possible de légalement en dessiner sur sa propriété. Pour en voir un exemple, vous n’avez qu’à vous rendre au Dookies resto-bar sur le boulevard Décarie.
La famille Patel est propriétaire de l’établissement depuis tout juste un an et lorsqu’elle a acheté le commerce, un de leurs objectifs était d’attirer une clientèle plus jeune. L’un des moyens employés pour attirer celle-ci a été d’effectuer quelques changements au niveau de la décoration et le nouveau graffiti sur le mur extérieur en fait partie. «Je n’ai eu que des bons commentaires et les jeunes trouvent ça cool. C’est une nouvelle génération d’art», indique Marc Patel. Le graffiti permet également d’illustrer la particularité du resto-bar, puisque le dessin représente des artistes sur scène se donnant en spectacle devant une foule. «On voulait un concept qui montrait qu’on était un show-bar, mais aussi qui montrait que les spectacles sont de tous les genres et multiculturels», précise le copropriétaire.
Le concept a d’abord dû être adopté par le département d’urbanisme et par le conseil d’arrondissement. Trois designs ont été soumis et ils ont tous été approuvés. Ainsi, trois semaines après avoir fait la demande, la famille Patel obtenait le permis.
L’artiste Memo a été mandaté pour réaliser la murale, fait qu’il a accompli en moins d’une journée. «Ça m’a pris environ 6-7 heures à faire. Plusieurs personnes se sont arrêtées pour me regarder travailler, c’était cool. Même la police est passée et à ma grande surprise elle n’a rien dit», mentionne le graffiteur.
Bien plus qu’une simple murale
Réaliser des murales est plus qu’une passion pour Memo, c’est aussi un gagne-pain. Au cours d’une année, il effectue plusieurs contrats, mais il a remarqué que la tolérance envers les graffitis, beaux ou non, semble diminuer. «Depuis environ deux ans, je suis très surveillé lorsque je travaille et le processus est assez long avant d’avoir la permission pour commencer une murale.»
Pourtant, l’une des raisons pour laquelle certains propriétaires décident de faire dessiner des graffitis sur leur immeuble est pour embellir celui-ci. Marc Patel rappelle que le mur où se trouve maintenant la murale était autrefois couvert de tags et de graffitis plus ou moins réussis. Il est persuadé que la murale qui s’y trouve maintenant va décourager les jeunes de taguer à cet endroit à nouveau. «Généralement, les jeunes respectent les beaux graffitis, alors je ne crois pas que je vais voir de nouveaux tags sur mon bar», affirme-t-il.
Le vice-président à la sécurité publique pour la Ville de Montréal, Marcel Tremblay, partage cet avis. «On doit en faire plus des murales, car les gens qui font des tags respectent ça et ils n’en font plus après.» Toutefois, M. Tremblay ne croit pas que les murs légaux aideraient à diminuer le nombre de graffitis non désirés. «Quand les murs sont pleins, ils vont ailleurs et souvent à des endroits où c’est difficile de nettoyer. Il faut rappeler que ces gens-là veulent se faire remarquer», explique-t-il.
Aux yeux des autorités, des artistes et de la population en général, il existe une grande différence entre une murale et un simple graffiti. Pour enrayer le problème des graffitis, il suffit simplement que ce message se transmette aux nouvelles générations.
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: Jacques Pharand)
(Photo: memoicm@gmail.com)