Toutes affiches dehors, une soixantaine d'automobilistes du quartier ont fait l'aller-retour sur Toupin, respectant les règles de circulation applicables. Cette opération est censée symboliser l'achalandage supplémentaire que provoquerait le raccordement avec Cavendish.
(Photo: Martin Alarie)
Manifestation sur Toupin
Le 26 septembre au matin, le regroupement des résidants du secteur Toupin est allé jouer dans le trafic. En effet, pour attirer l’attention sur leur cause, plus d’une soixantaine de voitures de résidants du secteur se sont engagées dans la circulation, ralentissant celle-ci tout au long du boulevard Toupin. Les élus sont-ils prêts, eux aussi, à mettre un frein au projet?
Les résidants de Saint-Laurent et Cartierville ont presque immobilisé le trafic sur le boulevard Toupin, entre les rues L’Heureux et Saint-Charles. Pendant plus d’une heure, une soixantaine d’automobilistes arborant l’affiche «Cavendish X Toupin» ont emprunté la rue en boucle en respectant la limite de vitesse fixée à 30 km/h dans cette zone scolaire, provoquant ainsi une congestion inhabituelle. «L’objectif était de simuler l’état du trafic quand le boulevard sera raccordé», explique Luc Marion, l’un des porte-parole du regroupement des résidants.
Rappelons que le raccordement du boulevard Cavendish au boulevard Toupin, inscrit à l'agenda depuis plus de 20 ans, a obtenu un feu vert financier en juin dernier de la part du comité exécutif. Depuis, le projet soulève de vives inquiétudes dans le secteur Toupin.
Outre la circulation, les résidents craignent qu’une augmentation de la délinquance routière n’accompagne le prolongement de Cavendish. «Ici, les gens passent à toute vitesse, sans faire l'arrêt», s'indigne Stéphane Lareau, au volant de sa voiture. Affiches collées sur les vitres latérales, il contribue à la lente procession, espérant pouvoir protéger son quartier. «C'est une zone scolaire, mais les limites ne sont jamais respectées. Un enfant s'est fait frapper l'an passé», dit-il.
Au cours de la matinée, les coups de klaxon des conducteurs mobilisés se sont rapidement mêlés à ceux des automobilistes impatients d'atteindre le bout du boulevard Toupin. Certains d'entre eux n'ont pas hésité à effectuer de dangereuses manœuvres, vite interceptées par la police qui veillait au grain.
Demi-tour?
Les demi-tours d'un bout à l'autre du boulevard Toupin pousseront-ils les tenants du projet à faire marche arrière? Le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a indiqué qu'il serait mené à son terme, mais que des consultations se tiendraient le 30 octobre et le 1er novembre.
Se disant «d'accord avec le geste qui a été posé» par les manifestants en ce qui concerne le respect des règles de circulation, M. DeSousa a assuré: «Nous allons utiliser notre imagination pour que le trafic ne se concentre pas sur Toupin.»
Du côté de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, la mairesse assure qu’elle est sensible aux préoccupations des résidants, et que ceux-ci se retrouveront au centre du plan de transport. Quand au maire Gérald Tremblay, il est venu effectuer une visite sur le boulevard Toupin le 24 septembre afin de prendre connaissance des lieux. Les citoyens continuent de réclamer une plus grande implication de la ville centre dans le dossier.
Noushig Eloyan, chef de l'opposition officielle, était présente sur les lieux pendant la manifestation. Elle a elle salué l'initiative des citoyens tout en déplorant le «manque de transparence et l'arrogance» des décideurs dans ce projet. «On ne peut plus leurrer les citoyens», a-t-elle déclaré. Pour elle, un recul est toujours possible à ce stade: «Ce n'est pas trop tard. Le maire a déjà reculé par le passé sur certains dossiers, pourquoi pas celui-ci?»
(Photo: Martin Alarie)