Plébiscité dans son comté, Stéphane Dion recueille 58% d'opinions défavorables à l'échelle nationale. (Photo: Archives)
Les hauts et les bas de Stéphane Dion
Autant les résultats des élections officielles générales de 2003 et de 2006 témoignent d’un appui solide, autant le sondage Léger-Marketing publié récemment est sans pitié. La popularité de Stéphane Dion atteint des sommets à l'échelle locale, mais sombre au plus bas sur la scène nationale.
Le sondage, réalisé auprès de la population québécoise, révèle que Stéphane Dion se classe tout juste derrière Jean Charest, qui récolte 60% de mauvaise opinion. L'écart est faible, puisque le député de Saint-Laurent-Cartierville atteint 58% de mauvaise opinion.
Pourtant, en juin 2004, Stéphane Dion l'emportait haut la main dans son comté, avec 66,8% des voix. Malgré la montée du Parti conservateur lors des élections de janvier 2006, Stéphane Dion est conforté dans son siège de député, avec 25 412 voix.
La contradiction peut surprendre. Mais, pour Jean-Pierre Beaud, professeur de sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal, il n’y a pas de paradoxe dans l’écart entre les résultats locaux et nationaux.
«Il s'agit de deux choses bien distinctes. Le comté de Stéphane Dion, à savoir Saint-Laurent-Cartierville, compte de nombreux immigrants. Le vote de ces derniers incline traditionnellement en faveur du Parti Liberal, qui garde une image de parti d'accueil», explique celui qui a vu autrefois le jeune Stéphane Dion parmi ses étudiants. «En revanche, en tant que chef de parti, il n'a pas réussi à convaincre. Il est loin d'être un leader à tendance populiste, tel que l'a été Jean Chrétien. Les rôles de député et de chef de parti requièrent des qualités bien distinctes. Son travail sur le terrain et sa capacité d'être près des électeurs ne lui servent plus au plan national. Son air emprunté, son manque de charisme, ce côté éternel professeur le desservent. Ce n'est pas un politicien, c'est un politologue» conclut M. Beaud.
Le département des communications du chef de l'opposition officielle a refusé de commenter les sondages ayant trait à la popularité de M. Dion.