Les joueurs de cricket de Bordeaux-Cartierville ont grand besoin d’espaces pour pratiquer leur sport. (Photo: Courtoisie)
Jouer dans le trafic
Le cricket à Bordeaux-Cartierville
Le besoin d’un terrain de cricket dans Bordeaux-Cartierville se fait de plus en plus criant. En attendant que l’arrondissement réponde positivement aux demandes des adeptes de ce sport, les bowlers et batsmen de chez nous sont jouent où ils peuvent, dans des conditions plus ou moins sécuritaires.
L’engouement pour le cricket ne cesse de croître dans Ahuntsic-Cartierville. Ceux qui voudraient des preuves n’ont qu’à se pencher sur le nombre spectaculaire de participants à la compétition de cricket des Jeux de la rue. À la ronde préliminaire du 4 août, plus de cent jeunes de 12 à 24 ans se sont pressés au parc Louisbourg pour tenter leur chance. Mais cette frénésie n’a pas su, à ce jour, convaincre l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.
À l’été 2005, un comité de travail dirigé par la Maison des Jeunes a en effet déposé une demande devant le conseil d’arrondissement, dans le but de voir un terrain de cricket aménagé au parc Louisbourg. Le conseil avait rejeté la requête séance tenante.
Umair Iftikhar, joueur de cricket, faisait partie de ce comité et veut continuer de se battre. «Il y a des terrains de baseball partout dans Bordeaux-Cartierville, et ils sont presque toujours inoccupés. Le terrain de cricket serait toujours plein, je le garantis», déclare-t-il.
L’administration actuelle, selon sa porte parole Aude Clotteau, serait ouverte à de nouvelles demandes. «Si c’est un besoin de la population, c’est sûr que les élus seront à l’écoute. Des études devraient alors être faites pour vérifier ce qui est envisageable avec les terrains actuels», explique-t-elle.
En attendant, M. Iftikhar s’inquiète de voir les gens jouer n’importe où. «Les gens jouent dans la rue, dans les stationnements. Ce n’est pas sécuritaire, ni pour les joueurs, ni pour les passants qui peuvent recevoir une balle dans la figure.» s’exclame-t-il.
Le cricket est également une balise culturelle importante pour la communauté indo-pakistanaise. «C’est important de valoriser ce sport en offrant un espace pour qu’il soit pratiqué, et pour que les jeunes puissent bâtir des équipes», croit Louise Giguère du RAP Jeunesse.
Mme Giguère reste optimiste par rapport aux démarches visant à obtenir un terrain de soccer, et considère que la tenue des Jeux de la rue pourrait y jouer un rôle important. «C’est en partie grâce aux Jeux qu’il y a un terrain de basketball au parc Marcelin-Wilson», rappelle-t-elle.
Et en attendant d’obtenir gain de cause, la mobilisation est bénéfique pour les jeunes constituant la clientèle cible du RAP, croit Mme Giguère. «Ça les motive énormément de s’impliquer dans une démarche de revendication; ça leur montre que leurs actions peuvent faire bouger les choses.»