Toujours aussi populaire, le basketball a rallié des équipes de filles pour la première fois cette année, bien que les garçons restent majoritaires. (Photo: Courtoisie)
Joueurs des rues, marqueurs de buts
L’équipe de cricket de Bordeaux-Cartierville, les CB Bowlers, a triomphé lors de la compétition inter-arrondissements des Jeux de la rue le 17 août. Au-delà de cette victoire sportive, l’événement a permis à la communauté de resserrer ses liens.
Initiés il y a six ans à la demande des jeunes des quartiers Bordeaux-Cartierville et Saint-Laurent, les Jeux de la rue permettent à des centaines de sportifs de 12 à 24 ans de s’affronter au soccer, au hockey cosom, au cricket et au basketball. Impliquant au départ seulement Ahuntsic-Cartierville, Saint-Laurent et Saint-Michel, les Jeux touchent à présent une dizaine d’arrondissements. Le RAP Jeunesse, un organisme qui vient en aide aux jeunes en difficulté par le travail de rue et de proximité, chapeaute l’événement depuis cinq ans.
D’un sport à l’autre
«Tous les arrondissements ne présentent pas des équipes dans chaque sport ni dans chaque catégorie d’âge, explique Louise Giguère, directrice du RAP Jeunesse. Par exemple, Bordeaux-Cartierville n’avait pas d’équipe de hockey cosom, car ce sport perd de la popularité dans le quartier. À l’inverse, les jeunes de Hochelaga ne sont pas très forts sur le cricket.»
Ces fluctuations dans l’enthousiasme pour les divers sports poussent le RAP Jeunesse à repenser les disciplines offertes d’année en année. «On veut être attentifs aux sports émergents», explique Mme Giguère.
Pour les jeunes par les jeunes
Le sport n’est toutefois pas le seul objectif des Jeux de la rue. L’événement permet aussi aux jeunes de s’occuper durant l’été, et certains d’entre eux y trouvent, grâce au soutien d’emploi jeunesse, leur première expérience d’emploi. C’est le cas d’Umair Iftikhar, agent de liaison engagé par le RAP pour faire du recrutement pour la compétition de cricket, embaucher des arbitres et des pointeurs, et accompagner les équipes à travers la compétition.
Mordu du cricket, le jeune homme de 20 ans en est à sa troisième année au service des Jeux. «L’année dernière, Bordeaux-Cartierville avait perdu contre Parc-Extension, alors cette année, je les ai vraiment poussés!» déclare-t-il. Comme dans certains quartiers la participation est un peu vacillante, M. Iftikhar fait également beaucoup de promotion à l’extérieur de son secteur pour dynamiser la discipline.
Une nouvelle dimension à l’intervention
Du côté des travailleurs de rue du RAP Jeunesse et de ses partenaires, les Jeux de la rue sont aussi une belle occasion de rencontrer les jeunes auprès desquels ils interviennent dans un cadre nouveau. «Les gens se voient sous un jour différent, cela leur permet de mieux se comprendre et de créer des liens. Pour nous, c’est un levier d’intervention», explique Louise Giguère.
Un défi important demeure pour les organisateurs des Jeux de la rue: impliquer les filles. «C’est sûr que ça reste en grande majorité des garçons, admet Mme Giguère. Mais cette année, on a eu beaucoup plus de filles que d’habitude. En basketball par exemple, il y avait assez de filles pour qu’elles aient une catégorie à part, c’est du jamais vu.» Elle reste donc optimiste quant au ralliement de la gent féminine à l’événement sportif.
Ainsi, plus qu’une simple occasion de s’amuser et de bouger, les Jeux de la rue, année après année, contribuent à rassembler les jeunes autour d’un événement qu’ils s’approprient.