La rivière des Prairies est affectée par les surverses, survenant lorsque le système d’écoulement des eaux de la ville ne suffit plus à contenir l’eau de pluie. (Photos: Archives)
Égouts dégoûtés, rivière révoltée
Lorsque des pluies torrentielles s’abattent sur Montréal, comme ce fut le cas à quelques reprises durant les dernières semaines, le système d’écoulement des eaux réagit en envoyant le surplus d’eau des égouts vers les cours d’eau, pour éviter que les sous-sols des résidants n’écopent. Pour des raisons écologiques, la Ville entend maintenant s’attaquer à ce phénomène appelé surverse.
«Le système des égouts de la Ville de Montréal est unitaire, c'est-à-dire que l’eau sanitaire et l’eau pluviale s’y mêlent», explique Sammy Forcillo, responsable des infrastructures à la Ville de Montréal. Quand il y a surverse, c’est de l’eau sale et non filtrée qui se retrouve dans le fleuve ou dans la Rivière-des-Prairies. C’est une des raisons pour lesquelles l’eau de la Rivière-des-Prairies est peu recommandable après les averses importantes.
Selon M. Forcillo, l’usine d’épuration de la ville filtre 2,5 millions de mètres cubes d’eau par jour (l’équivalent du stade olympique), mais elle peut traiter jusqu’à trois fois cette quantité si nécessaire. Le problème survient lorsque la température amène plus de 7,5 millions de mètres cube d’eau. «Il faut comprendre que ça n’arrive que 26 fois par année. On filtre 99,6% de l’eau qui circule dans les égouts», précise M. Forcillo.
Moins d’un pour cent d’eau de pluie non filtrée dans les cours d’eau, c’est cependant trop pour la Ville, qui souhaite réduire les épisodes de surverse à 6 par année. La solution? Des bassins de rétention, sortes de piscines aux dimensions olympiques installées sous terre, où l’on entrepose l’excédent d’eau jusqu’à ce que le flux pluvial diminue et que la station d’épuration soit en mesure de traiter le surplus.
«Notre administration a déjà investi 50 millions dans la construction de bassins de rétention. Il en coûterait 500 millions pour en construire assez pour réduire les épisodes de surverse à 20 par an», rapporte M. Forcillo. Des travaux sont en cours dans le secteur sud-ouest de la ville, mais à Ahuntsic-Cartierville, il faudra attendre encore un peu.
Toutefois, le réseau d’écoulement des eaux étant interconnecté, la Rivière-des-Prairies bénéficiera vraisemblablement de toute nouvelle infrastructure permettant de soulager le système par temps diluvien.