Le passage fréquent d’ambulances sur les rues résidentielles Forbes et St-Germain dérange plusieurs de leurs résidants. (Photo: Jacques Pharand)
Sauver des vies versus des qualités de vie
Quand vient le temps de sauver la vie d’une personne, les ambulanciers prennent le plus court chemin pour arriver aux urgences. Pour les habitants des maisons bordant ces courts chemins, leur passage peut devenir pénible. C’est le cas des résidants des rues Forbes et Saint-Germain, empruntées par les ambulances pour entrer à l’Hôpital du Sacré-Cœur durant la période des travaux à l’hôpital.
Louis Lachapelle, résidant de la rue St-Germain, en a assez. «Ce n’est plus une rue résidentielle, s’exclame-t-il. On nous a démoli notre environnement!» Les ambulances sont selon lui fréquentes (passant aux cinq minutes durant certaines périodes), bruyantes et roulent trop vite. De plus, la circulation automobile a augmenté exponentiellement sur sa rue depuis le début des rénovations.
Sa voisine, Janine Barrette, estime la fréquence de passage à un peu moins, et la vitesse à une quarantaine de kilomètres à l’heure. Ce qui la dérange, c’est surtout l’augmentation de la circulation. «Les ambulanciers sont délicats, ils essaient d’éviter la sirène. Mais il y a beaucoup de trafic et on est étouffé par tous les gens qui viennent stationner ici; notre tranquillité se détériore à vue d’œil», affirme-t-elle.
M. Lachapelle corrobore les dires de sa voisine: selon lui, la circulation est beaucoup trop dense pour une rue résidentielle, surtout aux changements de quarts à l’hôpital. «Ils ont mal adapté leur stationnement durant les travaux», ajoute-t-il.
Le sens des priorités
Pour Eric Berry, relationniste pour Urgence-Santé, ces désagréments sont inhérents à la vocation de l’institution. «On a pas le choix de prendre le chemin optimal pour les ambulances», déclare-t-il. La relationniste de l’Hôpital du Sacré-Cœur, Lyne Arcand, affirme quand à elle que des consignes strictes ont été imposées aux ambulanciers lorsqu’ils empruntent les petites rues. «Ils doivent ralentir lorsqu’ils arrivent sur Forbes, et couper les sirènes», dit-elle.
M. Lachapelle est bien conscient de l’importance d’amener rapidement les patients à l’hôpital. «On comprend bien que, quand il s’agit de vie ou de mort, c’est ça la priorité. On trouve juste qu’il y a des problèmes de logistique», plaide-t-il.
Le temps des travaux
Ce qui cause tout ce branle-bas de combat, c’est la fermeture de l’entrée principale de Sacré-Cœur par la rue Gouin, et la fermeture d’une partie du stationnement. Par ailleurs, une nouvelle unité d’urgence est construite à proximité de l’entrée de la rue Forbes, et, durant les travaux, il s’agit du seul accès. La situation n’est cependant pas permanente, assure l’hôpital. «L’entrée sur Gouin devrait être rouverte aux alentours du 15 novembre», précise Mme Arcand.
Pour les résidants, le délai est trop long – les travaux ont commencé en mars dernier. Ce que souhaiterait M. Lachapelle, c’est l’imposition de vignettes de stationnement pour éviter que les rues soient envahies d’employés et de visiteurs de l’hôpital, de même que des dos d’ânes pour assurer qu’ambulanciers et automobilistes respectent la limite de vitesse en tout temps.