La mairesse Marie-Andrée Beaudoin considère qu’en relocalisant les services de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville au 555 Chabanel, elle a fait le meilleur choix pour les citoyens. (Photo: Courtoisie)
Déménagement: le pourquoi et le comment
De retour de vacances, la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Marie-Andrée Beaudoin, met la touche finale aux préparatifs en vue du déménagement des services de l’arrondissement sur Chabanel. Elle continue de défendre sa décision malgré les critiques qui ont suivi son annonce il y a deux mois.
«Le projet a été réfléchi, muri, et résulte d’analyses et de consultations», affirme-t-elle. Elle se défend d’ailleurs d’avoir imposé le projet de manière antidémocratique comme certains détracteurs l’ont insinué. «Mon objectif est de hausser le niveau de démocratie dans Ahuntsic-Cartierville», dit-elle.
Louée soit la location!
Selon Mme Beaudoin, les citoyens ont été consultés avant que soit prise une décision, surtout quant à la question de la location versus la construction d’un nouvel hôtel de ville. «La plupart des gens était contre la construction. Il faut comprendre que ça aurait coûté plus cher de construire un nouveau bâtiment. Le terrain aurait été dispendieux, il y aurait eu des dépassements de coûts et de l’entretien à faire… Le délai avant que nous puissions nous installer aurait aussi été plus long», résume-t-elle.
Et le temps pressait, d’après la mairesse, puisque de sérieuses réparations de sa toiture et des aménagements visant l’accessibilité universelle étaient nécessaires au 12 137 Bois-de-Boulogne. «Ça ne pouvait pas attendre, il fallait prendre une décision», affirme-t-elle. De plus, l’arrivée imminente d’une dizaine de nouveaux employés en provenance de l’administration centrale forçait un réaménagement.
En outre, Mme Beaudoin vante les mérites du bail «clé en main» signé par l’arrondissement, où tous les détails d’entretien, de stationnement, d’aménagement sont pris en charge par le propriétaire et inclus dans le prix.
Un autre souci manifesté par certains citoyens était de voir les coûts du déménagement éclipser d’autres besoins dans l’arrondissement. Sur ce point, Mme Beaudoin se veut rassurante. «Nous avons déjà commencé à mettre de l’argent dans nos infrastructures, en investissant dans les parcs au printemps. Notre prochain objectif est la réfection des rues. Nous procédons présentement à des analyses, et nous serons en mesure de présenter quelque chose de concret cet automne. Le déménagement n’enlève rien aux priorités que nous nous étions fixées.»
D’une soumission à l’autre
En ce qui a trait au choix de la soumission plus coûteuse, Mme Beaudoin explique qu’il n’y a pas que le prix qui compte. Rappelons que des deux soumissionnaires (Marcarko et Dayan), c’est celui offrant le loyer est le plus élevé qui a été choisi.
«Quand on évalue des réponses à des appels d’offres, on a une grille d’évaluation qui comporte plusieurs critères dont l’importance varie. Dans ce cas-ci, par exemple, le prix du loyer comptait pour 20% du pointage total», illustre-t-elle. Bien que la proposition de Dayan était très intéressante, le soumissionnaire gagnant, Marcarko, offrait, selon elle, des locaux qui nécessitaient peu de mises à niveau, ce qui a beaucoup joué en sa faveur.
Quant au choix de la rue Chabanel, il s’imposait, estime la mairesse. D’autres secteurs avaient été considérés, mais, à cause de sa situation géographique (au centre de l’arrondissement) et stratégique (dans un quartier en pleine revitalisation), la rue Chabanel se démarquait, explique-t-elle.
Ainsi, en lançant les appels d’offres, on avait déjà établi que les locaux devaient se trouver sur Chabanel. «Et comme la plupart des édifices de Chabanel sont possédés par Dayan ou Marcarko, on était presque sûrs que ce serait l’un d’eux qui l’emporterait», résume Mme Beaudoin.
Ce que Mme Beaudoin déplore le plus face à toute cette tourmente, c’est le manque de communication. «Beaucoup d’informations erronées ont circulé», évoque-t-elle. Elle considère que l’augmentation des coûts n’est pas si grande. «On passe de 705 000$ à 1 027 669$; sur quinze ans, ce n’est pas énorme». Elle rappelle que les avantages relatifs quant au stationnement, à l’accessibilité et aux heures d’ouverture sont grands.
«J’ai été élue pour consulter, mais aussi pour décider. J’ai confiance que cette décision est dans le plus grand intérêt des citoyens», conclut-elle.