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Davy Sicard chante l’histoire

Philippe Beauchemin par Philippe Beauchemin
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Article mis en ligne le 29 juillet 2007 à 14:05
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Davy Sicard chante l’histoire
Malgré des paroles dures, Davy Sicard garde le sourire lors de ses spectacles devant la foule des FrancoFolies. (Photo: Éric Carrière)
Davy Sicard chante l’histoire
Le maloya ne vous dit sans doute pas grand-chose. Normal. Mais pour découvrir cette musique en provenance de la Réunion, en Afrique, il suffit de tendre l’oreille aux compositions de Davy Sicard.
« C’est plus une attitude qu’un genre musical. Cette musique provient du temps de l’esclavagiste. Elle traduit une tristesse, un malaise de notre histoire. Mais en même temps, elle nous représente et nous définit. »

Davy Sicard fait un saut à Montréal cette fin de semaine, le temps de donner des entrevues et de donner deux tours de chant sur une scène extérieure des FrancoFolies. Quand on lui souligne que sa musique, même si elle laisse entrevoir un petit côté rageur et cru de temps en temps, est plutôt festive, il se dit en désaccord avec nos propos. « Ce que vous percevez comme joyeux, c’est simplement mon côté calme. Ma musique est douce, parce que je le suis moi-même, mais elle est loin de donner le goût de fêter. »

D’accord, nous nous sommes trompés. Disons alors que la musique et le son de Davy Sicard laissent poindre des touches de soul et de funk ici et là. « J’ai fait partie d’un band de musique funk et soul avant. Mais finalement, mon identité et mon histoire, que j’avais refoulées à l’intérieur de moi, ont pris le dessus. Plus j’avançais dans ma carrière et plus j’avais besoin de retrouver mes racines. Le maloya m’est apparu comme incontournable. »

Après une courte escapade du côté de la musique commerciale parisienne au début des années 2000, Davy Sicard est donc retourné chez lui, à la Réunion, pour y déterrer son passé. « J’ai interrogé les plus âgés, j’ai lu des livres sur notre histoire, sur l’esclavagiste, sur le maloya. Je voulais connaître notre histoire, et comme nous ne l’avons pas appris à l’école, là où on nous apprenait l’histoire de la France et pas celle de la Réunion, il m’a donc fallu regarder ailleurs. »

En résultent les disques « Ker Volkan », sorti en 2003, et « Ker Marron », en 2006. Deux albums qui s’interrogent, qui cherchent des réponses aux (nombreuses) questions du chanteur. « Ce fut un long cheminement, mais je sais où est ma place maintenant. J’ai la chance d’avoir une belle famille, de vivre dans un beau pays et d’avoir une histoire qui m’appartient. Je chante maintenant pour tous ceux qui veulent en savoir un peu plus non pas sur mon histoire, mais bien sûr leur histoire. On a tous des liens. Tenez, vous les Québécois, vous êtes encore en mesure de parler français dans cette mer américaine. On a des histoires respectives, mais qui se ressemblent un peu. »

-Davy Sicard se produit ce soir, 18 h, sur la scène extérieure de L’Espace Ford Escape.

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