Le pont Lachapelle a été financé par l’homme du même nom, qui avant sa construction opérait des bacs permettant de traverser la rivière à cet endroit. (Photo: Mathieu Dubois)
Un petit quartier, mais une grande histoire
Même si Bordeaux-Cartierville est un petit quartier de Montréal, il regorge d’histoire et pour les nostalgiques, les férus ou les curieux, un parcours historique des lieux débutera le 1er août.
Nous sommes en l’an de grâce 1809. La Nouvelle-France n’est plus depuis 50 ans, et la vie s’organise de plus en plus sur la rive nord de l’île de Montréal. Des agriculteurs y sont installés çà et là et l’on voit débarquer de nouveaux arrivants qui seront ouvriers dans les carrières qui poussent comme des champignons le long de l’actuel boulevard Laurentien. L’une d’elles est la carrière Mézy. Fondée au début de l’ère industrielle, elle restera ouverte jusque dans les années 1920 et fournira les pierres nécessaires à la construction du réseau de trottoirs de la ville de Montréal.
Au début du 19e siècle, l’économie du Bas-Canada est principalement axée sur les matières premières et l’une d’elle est le bois. Coupé et transformé en immenses radeaux, il est transporté via les voies maritimes par les cageux. Ces aventuriers voyagent de la rivière des Outaouais jusqu’à Québec, et bon nombre d’entre eux passent par la rivière des Prairies afin de s’arrêter à l’auberge de l’Abord-à-Plouffe.
Les traverses de l’Abord-à-Plouffe étaient des bacs flottants servant à faire traverser les gens de l’île de Montréal jusqu’à l’île Jésus. Elles sont opérées par M. Lachapelle, celui qui, quelques années avant la révolte des patriotes, avait financé la construction d’un pont, qui aujourd’hui encore porte son nom. Le pont Lachapelle est celui qu’emprunteront les gens des Laurentides, un siècle plus tard, pour se rendre au parc Belmont.
L’entre deux guerres, les années folles, et la population de Montréal atteignant le million d’habitants, quatre investisseurs sentent la bonne affaire et fondent ce parc d’attraction qui, durant 60 ans, a fait le bonheur des grands comme des petits. La Ronde, fondée en 1967, détrône progressivement le Parc Belmont qui ferme ses portes en 1983 mais qui reste néanmoins un des principaux pôles d’attractions de Cartierville durant le 20e siècle.
Aujourd’hui, Cartierville n’est plus une ville. Il est devenu un quartier dans un arrondissement, mais n’a rien perdu de son âme et conserve toujours son cachet d’antan.