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Les lents se pressent au parc Ahuntsic

Article mis en ligne le 13 juin 2007 à 17:31
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Les lents se pressent au parc Ahuntsic
Pour Patric Hani, alias Cocoro Coui Coui et Marie-Pierre Martin, clown loufoque, les deux organisateurs, la fête de la lenteur est l'occasion de célébrer la tortue céleste, animal emblématique de cette manifestation qui incite à lever le pied. (Photo: Jacques Pharand)
Les lents se pressent au parc Ahuntsic
Stressés et énervés de tout acabit, prenez une grande respiration! Le 16 juin prochain, Cocoro Coui Coui, alias Patric Hani, et sa troupe dédient une journée complète à la lenteur. Yoga, tai chi, chorale des lents, slow-food et câlin collectif : L'Étévénement lent vous invite à ralentir pour mieux vivre.
Créée en 2001, la journée de la lenteur se veut un pied de nez au tourbillon de la vie qui nous emporte au quotidien. Les six éditions précédentes se sont tenues au parc La Fontaine, sur le Plateau Mont-Royal. Cette année, Patric Hani, qui a repris le flambeau de l'organisation en 2006, déménage ses pénates dans le parc Ahuntsic.

«C'est l'occasion de faire découvrir la lenteur dans un autre quartier. Le parc Ahuntsic se prête particulièrement bien à cet événement, car il est très bien desservi par les transports en commun et accessible pour les gens de Laval grâce au nouveau métro. Nous espérons ainsi sensibiliser d'autres publics et éventuellement faire des petits», déclare l'organisateur des événements lents.

Depuis sa création, la manifestation a pris de l'ampleur. La fête a attiré près de 1700 personnes en 2006 au parc La Fontaine. Puis on a ajouté un volet hivernal, qui s'est déroulé sur l'esplanade de la place des Arts. Cette année, une édition américaine pourrait avoir lieu simultanément en Californie.
Éloge de la lenteur
Pendant toute une journée, de 9 h à 21 h, on est invité à lever le pied. Cette fête bon enfant réunit groupes communautaires et animateurs professionnels qui offrent gratuitement divers ateliers. Yoga, tai chi, massages, etc. Le SNAC (Service de nutrition et d'action communautaire) d'Ahuntsic présentera le concept des cuisines collectives. Au programme : préparation d'un guacamole géant accompagné de pain bio et distribution de lait de soja fait au Québec.
«Les organismes à but non lucratif permettent aux gens de ralentir, d'économiser, de réduire leurs heures de travail tout en répondant à des besoins essentiels. Cela cadre tout à fait avec notre philosophie», souligne Patric Hani.

D'autres activités plus relaxantes les unes que les autres émailleront la journée comme la chorale lente, le câlin collectif, la course lente où les derniers sont les premiers, la marche de l'empereur à petits pas autour du lac artificiel, ou encore le club du rire. Pour les plus jeunes, visite du Pirate Mabulle et jonglerie.

«Ralentir, ce n'est pas seulement aller moins vite. C'est retrouver sa vitesse à soi. La vitesse démesurée tue le contact avec soi-même. S'arrêter, ne serait-ce que pour une journée, c'est l'occasion de se demander pourquoi l'on court et de reprendre contact avec soi et avec les autres», signale M. Hani.
De Speedy Gonzales à Cocoro Coui Coui
Aujourd'hui intervenant au Projet PAL, une ressource en santé mentale, il a découvert le mouvement lent alors que, employé dans une vitrerie, il traversait une phase de d'épuisement professionnel. «Je sortais d'un milieu de travail décourageant où régnaient la culture du plus rapide et le manque de respect entre les gens.»
Dans un atelier de croissance personnelle, il rencontre une participante qui lui parle de la lenteur. Il l'accompagne à une sortie de groupe en patins à roues alignées sur l'Île-de-la-Visitation. «On s'est arrêté au bord de la rivière, on a enlevé nos patins et on s'est mis à pratiquer le chi cong, une forme de tai-chi associée à des exercices de respiration. Au bout de quelques minutes, j'ai commencé à sentir le gazon, à ressentir le soleil sur ma peau, même l'eau avait une odeur!»

Peu après, une affiche accrochée dans un café de la rue Fleury attire son attention: «Venez regarder le gazon pousser avec nous», propose-t-elle. C'était la première journée de la lenteur. Il décide alors de s'impliquer activement dans l'organisation. Une démarche qui l'a aussi amené à évoluer sur le plan personnel. «La première année, j'étais un Speedy Gonzalès en décélération, hyper dynamique. Puis j'ai choisi le nom de Cocoro Coui Coui, car tu n'as pas le choix de le dire lentement pour arriver à le prononcer sans te tromper!»
Pour de plus amples informations, consulter le www.lents.ca

(Photo: Jacques Pharand)

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